Rome, 31/10/2001 (Agence Europe) - Dans une intervention au sujet de l'avenir de l'Europe devant les commissions des affaires étrangères et des affaires européennnes du Sénat et de la Chambre des Députés, le ministre italien des affaires étrangères Renato Ruggiero a réaffirmé, le 31 octobre, la conviction de l'Italie selon laquelle un glissement de la conclusion de la prochaine Conférence intergouvernementale sur la révision du Traité de l'UE ne serait "absolument pas dans l'intérêt de l'Europe". Je ne le dis pas, a souligné M. Ruggiero, parce que la Présidence italienne voudrait gérer la conclusion de la CIG pendant la deuxième moitié de 2003, mais pour éviter l'"embouteillage institutionnel" qu'on risque de rencontrer au premier semestre de 2004, avec l'élection du Parlement européen, le renouvellement de la Commission, le débat sur les ressources, les premières adhésions...
M. Ruggiero, qui note que Silvio Berlusconi a, lors de sa rencontre avec la Commission à Bruxelles (le 10 octobre: NDLR), proposé que l'ancien Premier ministre Giuliano Amato préside la Convention qui préparera la prochaine CIG, estime que cet exercice permettra "d"avancer des idées et des propositions ambitieuses" si la Convention définira plusieurs options, au lieu de faire "une seule proposition". Par ailleurs, il se prononce pour une "constitutionnalisation des traités" et pour une Constitution européenne incluant la Charte des droits fondamentaux, pour le modèle d'une "Fédération d'Etats-nations" et pour l'éventuelle élection du Président de la Commission par les citoyens (ou, sinon, par les membres du Parlement européen).
Dans son discours, véritable profession de foi en l'Europe venant d'un Européen qui en connaît bien les institutions et les rouages, Renato Ruggiero a aussi dit, à propos de la possibilité d'une "avant-garde", qu'"il ne faut pas s'opposer idéologiquement à l'idée d'un "peloton de tête" en disant qu'il serait contraire à l'esprit communautaire", car "en réalité, dans le processus communautaire, les avant-gardes ont traditionnellement été le moteur du processus d'intégration, l'élement dynamique de l'Union".