Bruxelles, 31/10/2001 (Agence Europe) - La présentation d'une offre de libéralisation par les pays du Mercosur marque "une étape décisive" dans la négociation d'un accord d'association et de libre-échange entre l'UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), a assuré mercredi devant la presse le vice-ministre uruguayen et chef de la délégation du Mercosur, Guillermo Valles. Cette offre ne propose un calendrier du démantèlement tarifaire que pour 33% des importations en provenance d'Europe et devra être complétée (voir EUROPE d'hier, p.13), mais, pour lui, l'important est que "l'offre du Mercosur couvrira tous les secteurs, sans exclure un seul produit". Selon le Directeur général aux relations extérieures à la Commission, Guy Legras, "les conditions sont réunies pour avancer; un travail technique devra être fait lors de la réunion de négociation de mars prochain".
Saluant les efforts visant à progresser malgré les difficiles circonstances économiques au sein du Mercosur et surtout en Argentine, les diplomates européens s'accordent à ne pas insister sur leur réserve. "Nous ne portons pas aujourd'hui de jugement sur l'offre présentée", a répété M. Legras. Le Mercosur maintient de son côté le front commun: "Les circonstances économiques dans le Mercosur et la récession globale qui se profile dans le monde ne constituent pas un frein aux négociations, au contraire", affirme Guillermo Valles, qui assure qu'il "n'y a au sein du Mercosur aucune difficulté politique qui puisse freiner les négociations". Le chef négociateur de l'Argentine (qui assurera dès janvier la présidence du Mercosur), Alfredo Chiaradia, assure que "les difficultés éventuelles de l'Argentine ou d'autres membres du Mercosur n'ont eu aucune espèce d'influence sur le contenu de notre offre".
Dans ce contexte, a indiqué Guillermo Valles, l'offre de cette semaine est "politiquement responsable, techniquement cohérente et séduisante sur le plan commercial". "Ce n'est pas seulement dans les droits ad valorem couverts par l'offre européenne que résident les obstacles, mais dans les questions non-tarifaires", a commenté Alfredo Chiaradia. Pour l'UE, a précisé Guy Legras, "la question des subventions agricoles doit être traitée au niveau multilatéral, à l'OMC".
Les deux parties compareront leurs offres d'ici à la prochaine réunion, en mars ou avril. Elles devront préciser leur offres sectorielles en matière de services et marchés publics, domaines où il n'y a eu jusqu'à présent que des échanges de textes généraux. Lors de ce 6ème round, les deux parties ont progressé sur le volet "coopération" du futur accord, en s'accordant sur des textes sur la coopération scientifique et technique, l'énergie, les transports, les télécommunications, les technologies de l'information. Les négociations doivent préciser les textes sur l'agriculture et l'environnement et les modalités du futur dialogue politique.