Bruxelles, 31/10/2001 (Agence Europe) - En ouverture de la réunion de la Task Force des chefs de police des Etats membres (voir EUROPE d'hier, p. 15), le ministre belge de l'Intérieur a interpellé les chefs de police sur la faible collaboration des polices européennes avec l'Office européen de police Europol. "Déçu de l'utilisation insuffisante d'Europol", Antoine Duquesne leur a dit qu'améliorer la collaboration "ne dépend pas de la décision des politiques, mais de vous", en dédouanant peut-être un peu vite les politiques. Toujours est-il qu'il a précisé qu'il ferait aux deux Conseils Justice et Affaires intérieures sous Présidence belge un rapport sur la participation de chaque pays à Europol, en "espérant ne pas avoir à désigner de mauvais élèves".
Au Conseil JAI des 6 et 7 décembre, le directeur d'Europol adressera aux ministres un rapport qui portera en grande partie sur la collaboration des Quinze avec Europol. Ce rapport "ne devrait pas avoir la langue de bois", selon un des directeurs adjoints d'Europol, Gilles Leclair. Le rapport devra dire "ce qui a été fait depuis le 11 septembre et avant le 11 septembre, préciser de manière générale quels sont les problèmes, ce que l'on peut améliorer, ce qui reste à faire", a-t-il déclaré à l'Agence Europe. Le travail de l'unité antiterrorisme que les Quinze ont décidé de créer après le 11 septembre "a déjà commencé, presque tous les Etats ont envoyé leurs experts et l'équipe devrait être au complet d'ici au 5 ou au 10 novembre". L'existence de l'unité, et de manière générale les répercussions du 11 septembre, permettent-elles d'améliorer un échange d'informations déficient en raison du manque de coopération de la part des Etats membres? "C'est le but, il y a eu une amélioration depuis le 11 septembre, et nous devons travailler à garder cette dynamique", explique Gilles Leclair, en soulignant que "l'échange d'informations est un problème général et sensible, un phénomène nouveau". Dans cet objectif, Europol devrait compléter son système d'échanges de données avec une base de données générale qui sera mise en place début janvier, et complétée au courant de l'année 2002. Autre point sur lequel il faut travailler, "la coopération avec tous les autres organes", notamment pour la lutte contre le terrorisme. "On y passe beaucoup de temps, cette coordination ne se fait pas en un jour", explique Gilles Leclair. (Pour la coopération avec les Etats-Unis, voir EUROPE d'hier pp.14 et 15).