Les négociations sur la révision des droits des passagers aériens (EUROPE 13879/7) se sont enlisées, mardi 2 juin, sans parvenir à un accord.
Au terme de près de seize heures de tractations, les négociateurs du Conseil et du Parlement européen ne sont pas parvenus à un compromis final et ont décidé de reprendre les discussions mercredi. Un compromis provisoire a toutefois été trouvé sur les bagages à main. Le principe est le suivant : lorsqu'une compagnie aérienne facture un supplément pour le transport d'un tel bagage, les tarifs incluant cette franchise devraient désormais être affichés par défaut au début de la procédure de réservation.
Coup de théâtre. Le point du texte le plus délicat, à savoir les montants de compensation, demeure dans l'impasse. Selon un communiqué de l'Association des défenseurs des droits des passagers (APRA) et Euroconsumers, les États membres auraient poussé à l'adoption d'un plafond de 200 euros pour les compensations, prenant de court les négociateurs du Parlement européen.
Contactée par Agence Europe, une source a réfuté cette information. Le Conseil aurait proposé un montant fixe, sans donner de chiffres précis, uniquement dans le cas où un mécanisme progressif d'augmentation des compensations serait abandonné (EUROPE 13876/6).
Le 'no deal' se concrétise. Fait notable, les compagnies aériennes et les organisations représentant les passagers semblent désormais s'accorder sur un point : à ce stade, le rejet de l'accord vaut mieux qu'un mauvais accord.
« Les compromis qui visent à donner à chaque partie […] de quoi se targuer d'une victoire, plutôt que de créer un cadre permettant de réduire les retards et les annulations et de maintenir les coûts à un niveau raisonnable, ne profiteront ni aux passagers ni à la connectivité », a alerté Airlines for Europe (A4E) dans un communiqué publié mercredi.
« Il n'y a aucune demande de la part du public visant à affaiblir la protection des passagers ni aucune nécessité politique de parvenir à un accord à tout prix », ont écrit de leur côté l'APRA et Euroconsumers.
Compte tenu des contraintes d'agenda des différents négociateurs, les discussions se poursuivront de manière intermittente dans les prochains jours, a indiqué la Présidence chypriote du Conseil de l'UE. Une réunion est prévue jeudi matin. (Juliette Verdes)