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Bulletin Quotidien Europe N° 13880
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Social/emploi

Compétences, politiques d'activation, accès au logement - la Commission européenne dresse des pistes pour consolider l'emploi et relever sa qualité

La Commission européenne a mis à jour, mercredi 3 juin, ses lignes directrices pour l’emploi à destination des pays membres, dans le cadre du processus budgétaire 'Semestre européen'.

Cela, dans un contexte plus difficile qu'il y a deux ans, date de la dernière mise à jour, l’impact de la guerre au Moyen-Orient faisant en effet peser aujourd'hui un risque sur environ 1,3 million d’emplois, a commenté la vice-présidente chargée des Droits sociaux et de l’Emploi, Roxana Mînzatu, en particulier dans les industries hautement énergivores.

Cette guerre a aussi un impact sur les budgets des ménages, les gouvernements nationaux étant aussi invités à soutenir les plus vulnérables avec des mesures ciblées.

Dans le même temps, a expliqué la vice-présidente, 77% des PME disent avoir du mal à recruter du personnel avec les compétences recherchées. Les diverses recommandations adressées le 3 juin doivent donc résoudre cette équation.

Les lignes directrices adressées aux pays membres répondent à trois priorités, explique la Commission : investir dans le capital humain et les compétences, améliorer les conditions de travail alors que les mauvaises conditions - comme une mauvaise rétribution - sont l’une des sources de pénuries de personnel, et s’attaquer à la crise du coût de la vie.

Cette année, la Commission a aussi décidé de consacrer un chapitre sur la problématique du logement dans les recommandations pays par pays.

Lignes directrices. Alors que l’UE est en passe d’atteindre en 2030 les objectifs d’emploi qu’elle s’est fixés à Porto en 2021, à savoir 78% de la population en âge d’être active, elle progresse lentement sur les objectifs de réduction de la pauvreté ou sur ceux relatifs à la formation continue des adultes (60% des actifs).

De nouveaux éléments sont intégrés aux orientations, notamment sur la qualité de l’emploi, en lien avec la 'feuille de route' pour des emplois de qualité, présentée par la Commission en décembre 2025, sur les compétences et l’éducation (conformément à la nouvelle recommandation du Conseil sur le capital humain) ou sur la réduction de la pauvreté et l'inclusion sociale, conformément à la stratégie de lutte contre la pauvreté, présentée par la Commission en mai 2026, explique la Commission.

Les orientations, présentées sous la forme d’une décision du Conseil, recommandent par exemple aux États membres de tirer pleinement parti des financements européens disponibles, notamment du Fonds social européen plus et du Fonds social pour le climat, afin de favoriser l’emploi de qualité et le développement des compétences, lutter contre la pauvreté et soutenir les réformes et les investissements sociaux et liés à l’emploi. « Cela comprend la lutte contre l’exclusion sociale, la lutte contre la discrimination, garantir l’accessibilité et l’inclusion, et promouvoir le perfectionnement et la reconversion professionnelle, les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie et une éducation et une formation de qualité pour tous ».

Les orientations pour l’emploi devraient éclairer la programmation des plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR) pour la période de financement postérieure à 2027.

Dans sa communication introductive, la Commission explique que le fonctionnement des marchés du travail et le développement du capital humain se sont améliorés, mais des mesures supplémentaires sont nécessaires pour renforcer la compétitivité et la productivité de l’Europe.

Des progrès ont été réalisés, par exemple, en matière d’amélioration des perspectives d’emploi, grâce au renforcement des politiques actives du marché du travail (PAMT) dans certains États membres.

« Par exemple, en Belgique, la durée des allocations chômage a été limitée à deux ans pour la plupart des demandeurs d’emploi, tout en renforçant les PAMT et en apportant un soutien aux groupes vulnérables. Les programmes d’enseignement et de formation professionnels (EFP) ont été développés, notamment en Bulgarie et en Espagne ».

Les recommandations par pays insistent encore sur l’amélioration des résultats scolaires et une meilleure adéquation des compétences aux besoins du marché du travail, « qui demeurent des priorités essentielles, notamment pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre et de compétences, particulièrement aiguës dans des secteurs stratégiques tels que la cybersécurité, l’informatique quantique, l’intelligence artificielle et les semi-conducteurs ».

Pour plusieurs États membres, il est crucial de renforcer les niveaux de compétences, par exemple, en consolidant les compétences de base et en luttant contre le décrochage scolaire (Espagne), en encourageant les inscriptions dans les filières STEM et en améliorant l’adéquation des formations au marché du travail (France), et en développant les possibilités de perfectionnement et de reconversion pour les personnes peu qualifiées et les seniors (Estonie et Lettonie).

 Plusieurs États membres, par exemple la Grèce, la Suède, la Lituanie, la Roumanie, la Croatie et la Slovénie, sont encouragés à lutter contre les pénuries de main-d'œuvre, notamment : - en renforçant les politiques actives de gestion du marché du travail ; - en soutenant l'intégration sur le marché du travail des groupes sous-représentés, tels que les personnes handicapées, les jeunes et les personnes âgées, les personnes issues de l'immigration et les Roms ; - ou, le cas échéant, en attirant et en retenant mieux les talents venant de pays hors UE.

La participation des travailleurs âgés doit aussi être renforcée, par exemple au Luxembourg et en Allemagne, en vue de relever l'âge effectif de la retraite. Le dialogue social et la négociation collective, comme recommandé par exemple à la Hongrie et à l'Italie, demeurent des outils essentiels pour relever les défis du marché du travail, indique encore la Commission.

Logement. Pour la première fois, explique la Commission, chaque rapport national issu de l’exercice du 'Semestre européen' comprend une annexe spécifique consacrée au logement, offrant une analyse du marché immobilier dans chacun des 27 États membres de l'UE.

Il s’agit, pour la Commission, d’aider les « États membres à concevoir des réformes efficaces en matière de logement social et abordable, en tenant compte du contexte spécifique de chaque pays ».

Les recommandations comprennent diverses mesures, telles que l'augmentation du parc de logements sociaux et abordables, l'accroissement de l'offre globale de logements, la simplification et l'accélération des procédures d'autorisation ainsi que la rationalisation des procédures d'aménagement du territoire et de planification.

Des progrès ont été réalisés, mais ils restent limités. Certains États membres ont notamment développé l’offre de logements sociaux et abordables avec des initiatives telles que le plan global de logement du Danemark et les projets de l’Irlande visant à accroître l’offre de logements sociaux. « Cependant, d’importants défis persistent dans tous les États membres, notamment : - la nécessité de simplifier et d’accélérer les procédures de planification et d’autorisation ; - de graves pénuries de logements, en particulier dans les zones urbaines et les régions touristiques ; - la hausse du nombre de sans-abri et la baisse de l’accessibilité au logement ; - les restrictions à la mobilité professionnelle et éducative ; - l’accroissement des inégalités ».

Des mesures sont également nécessaires pour valoriser les terrains publics, stimuler la construction et la rénovation de logements abordables.

Liens vers les rapports nationaux et les lignes directrices sur l'emploi : https://aeur.eu/f/m5u ; https://aeur.eu/f/m5v (Solenn Paulic)

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