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Bulletin Quotidien Europe N° 13880
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POLITIQUES SECTORIELLES / Mer

La Commission européenne lance OceanEye pour structurer l’observation de l’océan et renforcer la souveraineté maritime de l’UE

La Commission européenne a adopté, mercredi 3 juin, une communication lançant OceanEye, une initiative destinée à renforcer l’observation de l’océan, à structurer les capacités européennes dans ce domaine stratégique et à consolider la base industrielle et technologique maritime de l’Union (EUROPE 13878/35).

OceanEye vise à faire de l’observation de l’océan une infrastructure essentielle, au même titre que la météorologie ou l’observation spatiale. Cette initiative s’inscrit comme un pilier central du Pacte européen pour l’océan et de la future stratégie industrielle maritime de l’UE.

D’ici 2035, l’Union entend fournir 35% du système mondial d’observation de l’océan, capter 35% du marché mondial des technologies associées et devenir le premier fournisseur mondial d’informations océanographiques opérationnelles.

Si l’océan couvre 70% de la surface du globe, moins de 5% ont été explorés et cartographiés. Pour la Commission, l’observation de l’océan n’est plus une capacité optionnelle, mais une condition de la sécurité, de la prospérité et de la résilience européennes.

La protection des infrastructures critiques offshore et sous-marines, la surveillance maritime et la défense deviennent des priorités stratégiques, y compris dans le cadre des partenariats de sécurité et de défense de l’UE avec des pays tiers comme le Royaume-Uni, la Norvège, le Canada ou l’Inde.

Selon les estimations citées par la Commission, chaque euro investi dans les systèmes d’observation de l’océan génère entre cinq et six euros de bénéfices économiques et sociétaux. Les investissements publics mondiaux dans l’observation in situ sont estimés entre 0,85 et 1,3 milliard d’euros par an, un niveau encore insuffisant pour couvrir les besoins du système global.

Le marché mondial de l’observation de l’océan est estimé entre 10 et 20 milliards d’euros par an, avec une croissance annuelle comprise entre 5 et 10%, et alimente un écosystème économique beaucoup plus large, évalué jusqu’à 90 milliards d’euros.

L’initiative OceanEye vise à renforcer et mieux coordonner les efforts nationaux et européens en matière d’observation in situ de l’océan et à établir un système numérique européen de l’océan. 

L’Union dispose déjà d’atouts majeurs avec le programme Copernicus, notamment son service marin, le réseau EMODnet pour les données marines, ainsi que les plateformes WISE Marine et WISE Eau douce.

Toutefois, la Commission constate que l’observation de l’océan reste fragmentée, insuffisamment coordonnée et dépendante de financements de recherche à court terme.

OceanEye repose sur quatre piliers. Le premier porte sur la gouvernance européenne. La Commission propose d’établir un cadre de gouvernance pour l’observation de l’océan, qui sera inscrit dans le futur Ocean Act, prévu pour fin 2026. Ce cadre visera à mieux articuler les besoins des politiques publiques avec les capacités d’observation et de production de connaissances, en lien avec les États membres, les agences européennes, la recherche et les utilisateurs.

Concernant la dimension internationale, la Commission proposera le lancement d’une alliance internationale pour soutenir le système mondial d’observation de l’océan, en coopération étroite avec la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO. L’UE prévoit notamment de contribuer à hauteur de 50 millions d’euros avec Horizon Europe pour renforcer les capacités d’observation in situ à l’échelle mondiale.

Le troisième pilier vise à rendre opérationnelles les infrastructures numériques. La Commission entend faire du 'Jumeau numérique européen de l’océan' un service public pleinement opérationnel d’ici 2030. Ce dispositif permettra de simuler des scénarios climatiques, environnementaux ou économiques avant la prise de décision.

Enfin, OceanEye intégrera une dimension éducative, culturelle et citoyenne afin de renforcer la culture océanique et de soutenir les compétences (EU4Ocean, Nouveau Bauhaus européen).

La réalisation des objectifs d’OceanEye nécessitera des investissements substantiels, avec des besoins financiers importants pour l’observation in situ, les outils numériques et la recherche.

Au niveau de l’UE, la Commission mobilise les ressources disponibles et les instruments existants afin de soutenir l’initiative OceanEye. Au total, la Commission investira 92 millions d’euros au titre du programme Horizon Europe pour lancer OceanEye, répartis comme suit : 50 millions d’euros pour renforcer la contribution de l’UE au Système mondial d’observation des océans (Global Ocean Observing System – GOOS), 12 millions pour soutenir des systèmes mondiaux de données océaniques résilients afin d’améliorer le partage et l’accessibilité des données, et 30 millions pour stimuler l’innovation par l’intermédiaire du Conseil européen de l’innovation.

Costas Kadis, commissaire européen aux Océans, a estimé que l'observation des océans est « essentielle pour protéger et restaurer la santé des océans, permettre le développement d’une économie bleue prospère, ainsi que renforcer la résilience et la préparation des communautés côtières. Elle contribue également à la sécurité maritime, à la sûreté et à la défense ». OceanEye cherche à rassembler les services européens existants de connaissance marine au sein d’un système numérique opérationnel de l’océan européen, alimenté à la fois par des observations in situ et satellitaires, a-t-il conclu.

La commuication : https://aeur.eu/f/m5o (Lionel Changeur)

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