Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, et les ambassadeurs des pays membres de l’Alliance se sont rendus à Kiev, mercredi 3 juin, afin de tenir, pour la toute première fois, un Conseil OTAN-Ukraine dans la capitale ukrainienne, témoignant, selon Mark Rutte, « du lien indéfectible qui unit l’OTAN et l’Ukraine ».
« Il est important que ce format (de réunion) aide à concentrer l'attention de nos partenaires sur les principales priorités en matière de sécurité. Ce dont nous avons le plus besoin, c’est d'une protection contre les missiles russes », en particulier balistiques, a rappelé le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors d’une conférence de presse avec Mark Rutte.
« Les missiles balistiques, que la Russie a commencé à utiliser de plus en plus fréquemment, sont objectivement beaucoup plus difficiles à abattre. Ils sont le dernier argument de la Russie dans cette guerre (…), et nous devons y trouver une réponse suffisante », a-t-il ajouté, précisant qu’il n’y avait qu’un seul et unique outil éprouvé qui fonctionne : les systèmes Patriot américains.
M. Zelensky a donc appelé à poursuivre le financement de PURL, annonçant que six pays avaient annoncé lors de la réunion de nouvelles contributions. Selon M. Rutte, jusqu'à présent, les Alliés et les partenaires se sont engagés à verser près de 6 milliards de dollars américains à l'Ukraine par le biais de PURL.
« Mais le rythme des livraisons au moyen de PURL et le volume de ces livraisons ne sont pas suffisants (…). Des mesures supplémentaires sont nécessaires », a estimé M. Zelensky. Il a aussi estimé que les volumes de livraisons étaient restreints depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Le président ukrainien a estimé que l'Europe devait développer plus rapidement ses propres capacités antibalistiques. « Nous en avons tous besoin et nous travaillons déjà avec certains pays - la France, la Norvège, l'Allemagne, la Suède, le Danemark, l'Italie - et d'autres partenaires pour renforcer les capacités antibalistiques européennes. C'est un projet extrêmement difficile, mais il est absolument nécessaire », a plaidé M. Zelensky. Il a précisé discuter avec l'administration américaine des licences pour les Patriot afin qu'ils puissent être produits en Ukraine ou conjointement avec les Alliés.
Le président a aussi annoncé avoir discuté avec le secrétaire général de l'OTAN d'idées qui pourraient fournir une garantie de sécurité financière à long terme pour son pays. M. Rutte a reconnu, le 20 mai, que sa proposition de soutien à hauteur de 0,25% du PIB de chaque Allié n’avait pas fait consensus. (Camille-Cerise Gessant)