login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13880
Sommaire Publication complète Par article 30 / 38
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / Droits fondamentaux

Traite des êtres humains - face à des réseaux criminels aux moyens de plus en plus sophistiqués, les experts appellent l’UE à adapter sa stratégie

Les réseaux de traite des êtres humains recourent de plus en plus aux technologies numériques et mènent leurs activités au travers de plusieurs pays, si ce n'est de plusieurs continents. Réunis mercredi 3 juin lors d’une audition publique commune des commissions des libertés civiles (LIBE) et des droits des femmes (FEMM) du Parlement européen, responsables européens, magistrats et représentants d’agences ont demandé que la future stratégie européenne de lutte contre la traite tienne compte de cette évolution. Aussi ont-ils évoqué la protection des victimes et les difficultés qui demeurent quant à l’identification des victimes.

« Toutes les phases de l’exploitation sont aujourd’hui liées au numérique », a expliqué le responsable de l’équipe chargée de la traite des êtres humains à Europol, Nenad Nača. Les réseaux criminels utilisent désormais les outils numériques à chaque étape de leurs activités, tels que le recrutement, le transport, l'exploitation ou le blanchiment d’argent. Et selon Nenad Nača, les organisations criminelles fonctionnent de plus en plus sous la forme de cellules dispersées entre plusieurs juridictions, ce qui complique le travail des autorités.

Le responsable d’Europol a également souligné que la violence exercée par les trafiquants est devenue moins visible. Les groupes criminels cherchent à éviter d’attirer l’attention des services répressifs et privilégient des formes de contrôle plus discrètes sur les victimes.

D’après la coordinatrice européenne de la lutte contre la traite des êtres humains à la Commission européenne, Diane Schmitt, la future stratégie devra répondre à l’apparition de nouvelles formes d’exploitation que favorisent les technologies. Elle a rappelé que les réseaux criminels exploitent les outils numériques pour recruter et contrôler leurs victimes et génèrent des profits qui contribuent parfois à la corruption et s'infiltrent dans l’économie légale.

Les intervenants ont également appelé à renforcer la protection des victimes, parmi lesquelles les femmes et les filles sont majoritaires, lorsqu’il s’agit d’exploitation sexuelle. Diane Schmitt a avancé, en ce sens, que toutes les parties prenantes consultées dans la préparation de la future stratégie s'accordent sur une même priorité : placer les victimes au centre de l’action européenne.

La juge espagnole spécialisée dans les violences fondées sur le genre, María Auxiliadora Díaz, préconise d'assurer une protection effective des victimes indépendamment du dépôt d’une plainte ou du statut administratif de la victime. Elle a aussi appelé à mieux prendre en compte les enfants des victimes de traite.

L’identification des victimes a été un autre sujet récurrent au cours de l’audition. Ainsi, la secrétaire exécutive de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains, Petya Nestorova, a relevé d’importantes différences entre pays européens dans la détection des victimes et l’accès aux dispositifs de soutien.

María Auxiliadora Díaz, pour sa part, a soutenu la création d’un observatoire européen consacré à la traite des êtres humains. Selon elle, en effet, l’absence de données complique l’élaboration de politiques publiques adaptées.

La Commission européenne prévoit de présenter sa nouvelle stratégie de lutte contre la traite des êtres humains avant la Journée européenne de lutte contre la traite, le 18 octobre prochain. (Nithya Paquiry)

Sommaire

paquet 'Souveraineté technologique'
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
COUR DE JUSTICE DE L'UE
Invasion Russe de l'Ukraine
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
SOCIAL - EMPLOI
BRÈVES