Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a plaidé, jeudi 18 décembre, pour des garanties de sécurité fortes afin de protéger son pays de toute nouvelle agression russe. De nouvelles négociations de paix devraient se tenir ce week-end à Miami, aux États-Unis.
« La fin de la guerre dans son ensemble, et pas seulement la fin du conflit territorial, est liée aux garanties de sécurité. Des garanties de sécurité inefficaces ne signifient pas la fin des hostilités. Il s'agit d'une sorte de pause, et lorsque la Russie décidera d'attaquer à nouveau, elle le fera », a précisé le président lors d’une conférence de presse à Bruxelles, lors du Conseil européen.
Alors que des dirigeants européens et américains se seraient engagés lundi, dans une déclaration signée uniquement par les Européens, à des garanties de sécurité pour l’Ukraine (EUROPE 13774/27), M. Zelensky a expliqué ne pas savoir quelles garanties les États-Unis pourraient fournir. « Il y a une question à laquelle je n'arrive toujours pas à obtenir de réponse (...). La question qui porte sur l'ensemble des garanties de sécurité », a-t-il expliqué.
« Que feront ces garanties de sécurité ? Comment cela fonctionnera-t-il ? Comment tous les partenaires collaboreront-ils ? Comment et avec quelle force arrêteront-ils Moscou ? Concrètement ? Il me semble que nous devons obtenir une réponse à cette question (...), qu'elle soit consignée dans des documents », a-t-il ajouté.
Dans leurs conclusions adoptées à 25, les dirigeants européens soulignent que l’UE et ses États membres sont prêts à contribuer à des garanties de sécurité « solides et crédibles » pour l’Ukraine, notamment au sein de la 'Coalition des pays volontaires' et en coopération avec les États-Unis. « Cette contribution comprendra le soutien à la capacité de l’Ukraine à dissuader toute agression et à se défendre efficacement. Elle reposera sur leurs compétences et capacités respectives et sera conforme au droit international », précisent-ils.
Devant les médias, le président ukrainien a rappelé que l’adhésion de son pays à l’Union européenne était une garantie de sécurité. Selon une source européenne, lors de leur débat, les dirigeants ont souligné que cette adhésion était un élément crucial des négociations de paix. « Le soutien à une Ukraine prospère et démocratique au sein de l'UE est essentiel à la contribution de cette dernière à la paix et à la sécurité en Ukraine », a ajouté cette source.
Dans leur déclaration, les Vingt-cinq ne lient pas l’adhésion aux garanties de sécurité, mais réaffirment le soutien indéfectible de l’UE au processus d’adhésion. Un soutien contrarié par le blocage hongrois. « L'adhésion à l'UE peut être accélérée. Cela dépend de nos actions et de celles des dirigeants (européens), à condition qu'elles ne soient pas bloquées politiquement. Autrement dit, si l'adhésion est liée à des lois, des changements, des réformes, etc., je comprends cette logique. En revanche, si elle est bloquée politiquement, je ne comprends pas », a expliqué M. Zelensky, faisant référence au blocage hongrois. Alors que le plan de paix envisagerait une adhésion en 2027, à son arrivée au Conseil européen, le président lituanien, Gitanas Nausėda, a une nouvelle fois souligné que l’objectif était une entrée en 2030.
Financer l’Ukraine pour faire pression sur la Russie. À leur arrivée au sommet, le président du Conseil européen, António Costa, et plusieurs dirigeants européens ont estimé qu’un accord sur le financement européen de l’Ukraine ces deux prochaines années renforcerait la position de négociation de Kiev (voir autre nouvelle). « Cette décision est cruciale pour garantir que l'Ukraine soit en position de force dans les négociations de paix et c'est la meilleure contribution que nous puissions apporter pour parvenir à une paix juste le plus rapidement possible », a expliqué M Costa.
Tout en maintenant la pression sur Moscou avec la promesse de nouvelles sanctions, le président français Emmanuel Macron a estimé qu'il allait « redevenir utile » de parler à la Russie. « Il y a des gens qui parlent à Vladimir Poutine. Donc nous - Européens et Ukrainiens - avons intérêt à trouver le cadre pour réengager cette discussion en bonne et due forme. Sinon, on discute entre nous avec des négociateurs qui vont seuls discuter avec les Russes. Ce n'est pas optimal », a-t-il expliqué à l'issue du sommet.
Rappelant qu'il y avait un cycle de discussions en cours, il a précisé que soit « une paix robuste, durable avec toutes les garanties requises peut être obtenue et (alors) de toute façon, on se mettra à ce moment-là autour de la table avec tout le monde », « soit il faudra tout en continuant (...) d'aider l'Ukraine, dans les prochaines semaines, trouver les voies et moyens aussi pour que les Européens, dans la bonne organisation, réengage un dialogue complet avec la Russie en toute transparence et en association avec l’Ukraine ».
Voir les conclusions à 25 : https://aeur.eu/f/k3m et les conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/K3L (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)