À la veille de la présentation par la Commission européenne du ‘paquet automobile’ (voir autre nouvelle), l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) a fait part de ses attentes, lundi 15 décembre en conférence de presse. Elle ne veut pas d’un retour en arrière concernant l'interdiction des moteurs thermiques, mais des mesures pour stimuler la demande de véhicules lourds 'zéro émission'.
« Nous avons dépensé des milliards non seulement dans ces produits, mais aussi dans la reconstruction de nos systèmes de production, en nous engageant à fournir d'énormes volumes de cellules de batterie à partir de notre chaîne d'approvisionnement. Mais il n'y a toujours pas d'amélioration », a regretté Christian Levin, PDG de Scania et du groupe TRATON, et actuel président du comité des véhicules utilitaires de l'ACEA.
Cet échec, il l’explique par plusieurs raisons : le coût trop élevé à l’achat, le manque d’infrastructures de recharges malgré le règlement ‘AFIR’ (EUROPE 13761/3), le retardement de la révision de la taxation de l’énergie (EUROPE 13751/14), la non-application de l’exemption des véhicules lourds 'zéro émission' des péages routiers (EUROPE 13739/30)...
Karin Rådström, PDG de Daimler Truck, et futur successeur de M. Levin à l’ACEA, a estimé qu'il fallait encourager les accords de libre-échange pour vendre les poids lourds européens à l'international. Elle a plaidé également en faveur d’une simplification législative et d’une meilleure connexion entre la réglementation sur les émissions de CO2 et les conditions favorables.
Les clients voient ainsi dans les véhicules utilitaires électriques moins de flexibilité et un risque plus élevé, et l’ACEA souhaite que la Commission y remédie. (Anne Damiani)