Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a prévenu, mercredi 3 décembre, que les Alliés ne resteraient pas passifs face aux attaques hybrides russes et biélorusses sur le continent européen.
« Qu'elles soient intentionnelles ou non, quelles que soient les actions de la Russie ou de la Biélorussie, nous réagirons comme bon nous semble. Et ces pays le sentiront », a promis Mark Rutte à l’issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN. Il a rappelé les propos du ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, concernant le sabotage d’une ligne ferroviaire dans son pays en le citant : « Si cela se reproduit, nous prendrons des mesures supplémentaires (pour PURL). Russes, sachez que nous réagirons de manière asymétrique. Nous ne ferons pas sauter des lignes ferroviaires en Russie. Nous ferons en sorte que vous ressentiez les conséquences de tels actes ». La ministre roumaine, Oana-Silvia Toiu, a souhaité des sanctions de l'UE contre la Biélorussie en raison des dernières attaques hybrides avec des ballons météorologiques sur la Lituanie.
Soulignant que la Russie faisait preuve d'un comportement de plus en plus imprudent vis-à-vis de l'OTAN, M. Rutte a rappelé que les incidents nécessitaient « une vigilance sans faille ». « Nous devons continuer à répondre avec force, unité et détermination », a-t-il ajouté.
Plusieurs ministres, en particulier sur le front est de l’Alliance, avaient insisté sur la nécessité d’action. « Nous devons réagir. Nous devons agir avec fermeté et détermination afin de renforcer notre défense et notre vigilance face à la situation dans notre voisinage immédiat », a souligné le ministre lituanien, Kestutis Budrys. La Lituanie a demandé à l'OTAN d'envoyer une équipe de soutien contre-hybride (Counter Hybrid Support Team) dans le pays pour analyser la situation.
« Le rôle de l'OTAN doit être renforcé, notamment en termes de coordination, de partage d'expérience et de préparation à l'analyse, la prévention et la lutte contre ces menaces. Nos principaux objectifs (de ce mercredi) concernent la défense aérienne et, plus particulièrement, les moyens d'accroître notre capacité à protéger notre espace contre les incursions de drones », a ajouté la ministre roumaine. « Ce qui caractérise (les activités) hybrides, c'est leur complexité et leur diversité. C'est pourquoi nous pensons qu'une meilleure coordination entre nous, en tant qu'Alliés, est nécessaire », a-t-elle insisté. Oana-Silvia Toiu a plaidé pour un renforcement des investissements, estimant que l'investissement pour contrer les menaces hybrides est très faible au regard du retour sur investissement qu'il offre en matière de dissuasion et de défense.
« Nous verrons davantage d'attaques hybrides. Je crains que ce ne soit le signe de notre époque. C'est ainsi que la Russie opère. (…) Le meilleur moyen de les prévenir est de s'en prémunir, en développant une défense solide, une vigilance accrue de la population, en étant résistants à la désinformation russe et en réagissant rapidement à leurs actions, afin de dissuader toute attaque future », a expliqué pour sa part le Néerlandais David van Weel. (Camille-Cerise Gessant)