Alors que le processus de paix semble patiner, les ministres des Affaires étrangères des pays alliés ont soutenu les efforts américains et réitéré leur soutien à l’Ukraine, mercredi 3 décembre.
« Les pourparlers de paix sont en cours. C'est une bonne chose, mais nous devons aussi veiller à ce que, pendant leur déroulement – et nous ignorons quand ils se termineront –, l'Ukraine soit dans la meilleure position possible pour poursuivre le combat, pour riposter aux Russes, mais aussi dans la meilleure position possible lorsque les pourparlers de paix aboutiront réellement et que les deux pays s'assiéront à la table des négociations », a résumé le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.
Plusieurs ministres ont souligné que la Russie ne voulait pas la paix. « C'est pourquoi nous devons nous en tenir au plan en deux points, accroître le soutien à l'Ukraine et augmenter la pression sur la Russie. Nous devons la frapper là où ça fait le plus mal : les revenus pétroliers et gaziers », a expliqué la ministre suédoise, Maria Malmer Stenergard. Mark Rutte, a mis l’accent sur la lutte contre flotte fantôme russe alors que, de son côté, l’UE travaille à sanctionner davantage de navires de cette flotte. Une discussion serait en cours entre les États membres sur 9 navires.
« Nous devons à la fois continuer ces efforts diplomatiques, mais, bien sûr, continuer à accroître la pression sur le régime de Vladimir Poutine. (…) C'est ce que nous faisons en continuant notre soutien militaire à l'Ukraine et c'est ce que nous faisons aussi en réfléchissant aux paramètres du jour d'après, puisque, bien sûr, il ne faut pas que, demain, un cessez-le-feu soit utilisé comme une parenthèse, comme une trêve par la Russie pour se refaire, pour se réarmer et pour réattaquer l'Ukraine », a ajouté le ministre aux Affaires européennes français, Benjamin Haddad.
PURL devrait attendre 5 milliards d’ici la fin de l’année
Les ministres ont discuté du soutien militaire apporté à l’Ukraine, notamment via l'initiative PURL (Prioritised Ukraine Requirements List). Les ministres allemand, Johann Wadephul, polonais, Radoslaw Sikorski et norvégien, Espen Barth Eide, ont annoncé un paquet de 500 millions de dollars américains pour ‘versement immédiat’. Sur ces fonds, 200 millions viendront de l’Allemagne, a annoncé M. Wadephul.
La ministre canadienne, Anita Anand, a annoncé pour sa part une contribution de son pays de 200 millions de dollars, soit un total de 890 millions pour ces 6 derniers mois. Le ministre néerlandais, David van Weel, a rappelé que son pays allait fournir 250 millions d’euros supplémentaires à PURL.
« Les pays nordiques fournissent un tiers de l'aide militaire totale apportée cette année par les pays de l'OTAN à l'Ukraine. Cela représente une somme considérable pour nos cinq pays, qui comptent moins de 30 millions d'habitants, mais cela en dit long sur ce que d'autres pays pourraient faire. Si nous n'agissons pas maintenant, cela nous coûtera beaucoup plus cher à l'avenir », a prévenu la ministre suédoise. Le 15 novembre, les pays nordiques et baltes (Finlande, Danemark, Estonie, Islande, Lettonie, Lituanie, Norvège et Suède) avaient annoncé un soutien de 500 millions pour PURL. « Cet effort doit se poursuivre. Tous les autres pays devraient également accroître leur soutien », a insisté le ministre estonien, Margus Tsahkna, à son arrivée.
Selon Mark Rutte, « à présent, plus des deux tiers des Alliés se sont engagés dans PURL ». Il a annoncé que l'Australie et la Nouvelle-Zélande, pays partenaires, « contribueront également » à l'initiative. « Ce sont les premiers partenaires nationaux à le faire », a-t-il précisé.
Selon le secrétaire général, les contributions nouvelles et prochaines permettront d'atteindre « les 5 milliards prévus pour l'année » 2025. Il a exhorté les Alliés à intensifier les efforts « non seulement pour cet hiver, mais aussi pour la planification » pour l’année 2026.
« Nous aurons besoin d'une somme importante, au moins un milliard, voire un peu plus, par mois », a-t-il expliqué, ajoutant que « cela pourrait représenter environ 50 milliards, peut-être un peu plus, pour l'année entière ».
Au-delà de PURL, le secrétaire général de l'OTAN a rappelé l’initiative danoise-lituanienne d'investissement dans la base industrielle de défense ukrainienne, l'initiative tchèque sur les munitions et tout le soutien bilatéral apporté à l'Ukraine.
D’autres annonces financières ont également été faites. La ministre canadienne a en outre annoncé un soutien de 35 millions de dollars aux mesures d’assistance en faveur de l’Ukraine (CAP) qui serviront, notamment, à la fourniture de fuel, ou d’équipements médicaux.
Le secrétaire d'État britannique, Yvette Cooper, a annoncé une aide de 10 millions de livres sterling à l'Ukraine pour soutenir la réparation des infrastructures, tandis que la Russie cible les équipements énergétiques et électriques. (Camille-Cerise Gessant)