L’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) a souligné, mardi 2 décembre, dans un nouveau rapport sur le suivi des marchés européens de l’hydrogène, que leur développement était entravé par « des coûts élevés et une transposition lente ».
Comme dans son rapport précédent pour l’année 2024, la croissance du marché reste largement inférieure aux objectifs européens et nationaux. La capacité des électrolyseurs a augmenté de 51% pour atteindre 308 MW en 2024, mais cela reste bien en deçà de l'objectif de l’UE de 6 GW pour 2024 et de 40 GW pour 2030.
En outre, l’hydrogène d'origine renouvelable reste quatre fois plus cher que l'hydrogène d'origine fossile (8 EUR/kgH2, contre 2 EUR/kg). Le rapport note que les coûts d’approvisionnement en électricité (hors tarifs de réseau) peuvent représenter jusqu'à 50% des coûts de production de l'hydrogène renouvelable. Ces coûts pourraient être accentués par la hausse des tarifs de réseau.
Pour l’ACER, il est essentiel que le développement du réseau « s’aligne sur l’évolution de la demande afin de réduire les risques prévus ».
L’hydrogène bas carbone (produit à partir de gaz naturel et de captage et stockage de carbone) pourrait favoriser le développement du marché, selon l’Agence, mais les incertitudes liées aux coûts et aux aspects techniques « doivent être soigneusement évaluées ».
Cibler les projets prêts à passer à l'hydrogène renouvelable pour « stimuler la demande ». La Commission européenne a déjà alloué plus de 20 milliards d'euros à l'hydrogène et vient de présenter, lundi 1er décembre, sa liste de projets prioritaires d’infrastructure énergétique transfrontalière pouvant prétendre à un financement du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (CEF). Parmi ceux-ci, 100 sont exclusivement consacrés à l’hydrogène et aux électrolyseurs, ce qui a été décrié par des organisations de la société civile (EUROPE 13763/9).
Parmi ses recommandations, l’ACER appelle à prioriser et cibler les financements sur les projets des secteurs difficiles à décarboner qui sont prêts à passer à l'hydrogène renouvelable et à faible teneur en carbone afin de stimuler la demande.
Elle demande aussi d’accélérer la décarbonation du secteur énergétique afin de réduire les coûts de l'électricité et d'améliorer l'utilisation des électrolyseurs.
Enfin, le rapport indique que seuls le Danemark et l’Irlande ont notifié la transposition de la directive sur les énergies renouvelables (REDIII), qui établit des objectifs contraignants pour les carburants renouvelables d’origine non biologique (RFNBO). « Ce retard accroît l'incertitude des investisseurs et freine davantage le déploiement sur le marché », indique le rapport.
Pour le consulter : https://aeur.eu/f/jsm (Pauline Denys)