L’Association des industries aérospatiales et de défense d'Europe (ASD) a annoncé, mardi 2 décembre, que le chiffre d’affaires du secteur de la défense avait augmenté de 13,8% en 2024, pour un montant de 183,4 milliards d’euros (161,1 milliards en 2023). Sur ces 183,4 milliards, 43,2 milliards proviennent de la composante navale, 65,3 de la composante terrestre et 74,9 de l’aéronautique spatiale. L’industrie de la défense des membres de l’ASD représentait 633 000 emplois.
Devant les médias, le président de l’ASD, et CEO de Saab, Micael Johansson, a précisé que, bien que les industries investissent massivement - « des investissements multipliés par cinq, voire par dix » en Europe, dans tous les domaines -, certaines estimaient que les engagements à long terme des gouvernements étaient encore insuffisants. « Malgré nos investissements dans la production en volume, le carnet de commandes de nombreuses entreprises est souvent de trois ou quatre ans alors que nous investissons dans des installations dont la durée de vie est de plusieurs décennies », a-t-il prévenu.
M. Johansson a aussi rappelé qu’il ne faudrait pas arrêter les investissements dans la défense en cas de paix en Ukraine. « Nous n'avons pas développé les capacités nécessaires pour faire de l'Europe un pilier solide de l'OTAN et un continent capable de gérer ses propres enjeux. En matière de défense et de dissuasion, nous devons poursuivre nos efforts avec diligence », a-t-il prévenu. Selon lui, l'industrie européenne a fait un grand pas en avant, mais elle peut faire encore mieux.
Selon le secrétaire de l’ASD, Camille Grand, l’industrie européenne est compétitive face à ses adversaires. « 98% des technologies sont disponibles en Europe. Il n'y a pas de fossé technologique majeur dans le secteur de la défense, et les entreprises européennes sont capables de produire toute la gamme des équipements de défense », a-t-il expliqué. Et d'ajouter : « pour les domaines terrestre ou maritime, les Européens ont tendance à privilégier les fournisseurs européens. Dans le domaine aérien, la concurrence est plus féroce ». M. Grand s'est dit « fermement convaincu que les industries de défense européennes sont parfaitement capables, à moyen et long terme, de fournir la plupart des capacités dont les Européens ont besoin ».
Estimant que le marché européen est beaucoup plus ouvert aux industries américaines que le marché américain ne l'est aux industries européennes, notamment en ce qui concerne les conditions d'implantation, Micael Johansson a appelé à examiner les moyens d'instaurer un système équitable et réciproque entre les deux marchés. « Nous pouvons commencer par encourager l'achat d'équipements européens afin de rééquilibrer les choses, ce qui serait également bénéfique pour les États-Unis », a-t-il souligné, alors que la Commission tente d'inciter les États membres à acheter Européen.
En 2024, les membres de l’ASD représentaient 99% du chiffre d’affaires de l’industrie de la défense et de l’aérospatiale dans l’UE. (Camille-Cerise Gessant)