La commission du développement (DEVE) du Parlement européen a approuvé, mardi 2 décembre, avec 16 voix pour, 2 contre et 3 abstentions, un projet de rapport sur la nécessité d’une réponse plus efficace et plus ambitieuse de l’Union européenne face aux crises humanitaires.
Huit amendements de compromis, élaborés conjointement par les groupes PPE, S&D, Renew Europe, Verts/ALE (et La Gauche pour sept d'entre eux), ont élargi le périmètre du texte porté par Leire Pajín (S&D, espagnole) et en ont durci l’ambition politique.
Les compromis adoptés intègrent de nouvelles données sur l’ampleur des besoins humanitaires mondiaux, l’augmentation des violations du droit international humanitaire et les difficultés d’accès à l’aide. Ils soulignent également l’impact des coupes budgétaires opérées par certains grands donateurs, la montée des crises oubliées et les effets disproportionnés des conflits sur les femmes, les enfants et les personnes vulnérables.
Les eurodéputés ont aussi renforcé le langage sur l'élaboration d'une stratégie de diplomatie humanitaire de l'UE. Ils appellent notamment la Commission européenne et les États membres de l'UE à « renforcer les actions visant à prévenir les violations du droit international humanitaire et à combler les lacunes dans le suivi de ces violations grâce à une collecte de données impartiale et indépendante ainsi qu’à un plaidoyer plus efficace et fondé sur des preuves afin de tenir les auteurs pour responsables ».
La commission DEVE souligne également la nécessité de garantir un niveau de financement humanitaire « adéquat, prévisible et durable » dans le cadre financier pluriannuel 2028-2034 de l'Union européenne. En outre, elle s'oppose à la fusion de l’instrument humanitaire de l'UE avec l'instrument de voisinage, de développement et de coopération internationale ('NDICI-Global Europe').
Malgré « certaines divergences » entre les groupes politiques du PE à l'entame des négociations, « le ton est resté constructif tout au long du processus et une volonté de trouver un terrain d’entente s’est manifestée, y compris sur la situation humanitaire à Gaza », a indiqué Mme Pajín mardi à Agence Europe.
Le texte sera soumis au vote en séance plénière du PE à la mi-décembre. Mme Pajín s’est dite confiante quant à l’issue du vote, mettant en avant le travail mené en commission pour « présenter une position du PE qui soit forte, fondée sur des principes, et qui donne aux États membres ainsi qu’à la Commission les moyens d’agir ».
Voir les amendements de compromis adoptés : https://aeur.eu/f/jss (Bernard Denuit)