login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13764
Sommaire Publication complète Par article 24 / 33
INSTITUTIONNEL / Seae

« forts soupçons » de fraude dans l'attribution au Collège d'Europe de la gestion de l'Académie diplomatique de l'UE

À la demande du Parquet européen (EPPO), la police fédérale belge a mené, mardi 2 décembre, des perquisitions dans plusieurs bâtiments du Collège d'Europe à Bruges, au Service européen pour l'action extérieure (SEAE) à Bruxelles et au domicile de suspects, parmi lesquels - selon la presse belge - l'ancienne Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, l'Italienne Federica Mogherini, et l'ancien Secrétaire général du SEAE, Stefano Sannino.

D'après l'EPPO, l'affaire concerne l'attribution de la gestion de l'Académie diplomatique de l'Union européenne, un programme de formation de neuf mois destiné aux jeunes diplomates de tous les États membres (EUROPE 13480/15), au Collège d'Europe par le SEAE pour la période pilote 2021-2022.

« L'enquête vise à déterminer si le Collège d'Europe et/ou ses représentants ont été informés à l'avance des critères de sélection de la procédure d'appel d'offres et avaient des raisons suffisantes de croire qu'ils se verraient attribuer la mise en œuvre du projet, avant la publication officielle de l'avis d'appel d'offres par le SEAE », indique le Parquet européen dans un communiqué. Il fait état de « forts soupçons » que, pendant la procédure d'appel d'offres, « des informations confidentielles (...) aient été communiquées à l'un des candidats ». Et d'ajouter que de tels agissements, s'ils sont avérés, pourraient constituer « une fraude » aux règles de passation des contrats publics.

Après cinq ans en tant que Haute Représentante entre 2014 et 2019, Mme Mogherini est devenue rectrice du Collège d'Europe. M. Sannino est actuellement directeur général aux nouveaux services pour le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et les pays du Golfe (MENA) au sein de la Commission européenne.

Interrogée, la porte-parole de la Commission, Paula Pinho, a reconnu les perquisitions, tout en refusant de confirmer les identités des personnes suspectées.

« La crédibilité de nos institutions est en jeu. À l'heure où nous parlons, des négociations sur une directive 'anti-corruption' sont en cours à la suite des scandales du Qatargate, de Huawei et des Uber Files. Nous avons besoin de toute urgence d'un comité d'éthique doté de pouvoirs plus importants pour mettre fin à la corruption à sa source », a déclaré la coprésidente du groupe La Gauche au Parlement européen, la Française Manon Aubry. (Mathieu Bion)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
INSTITUTIONNEL
Invasion Russe de l'Ukraine
SOCIAL - EMPLOI
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES