Devant les eurodéputés de la commission du développement (DEVE) du Parlement européen, la commissaire européenne à l'Égalité, la Préparation et la Gestion des crises, Hadja Lahbib, a annoncé, mardi 2 décembre, qu'elle conduirait les travaux d'« une nouvelle communication » de l'UE sur l'aide humanitaire.
« Nous devons rester un donateur fiable fondé sur des principes et un défenseur de nos valeurs fondamentales ainsi qu’un soutien essentiel au système humanitaire multilatéral », a déclaré Mme Lahbib, rappelant la multiplicité et l'intensité des crises à travers le monde ainsi que le manque de financements pour y faire face.
La commissaire européenne a présenté un travail en trois volets : la protection des travailleurs humanitaires, l'amélioration de l'efficacité des programmes financés par l'UE et le renforcement des partenariats, notamment avec les banques de développement ou le secteur privé.
Mme Lahbib a annoncé l’élaboration de trois documents de travail destinés à donner corps à cet « ambitieux agenda » qu’elle appelle de ses vœux. Un premier portera sur la diplomatie humanitaire, un autre sur une chaîne d’approvisionnement humanitaire stratégique et un troisième sur une approche intégrée de la fragilité par l’UE.
L'aide humanitaire au sein de l'instrument 'Europe dans le monde' du prochain CFP. Dans un projet de rapport approuvé mardi matin en commission DEVE, les eurodéputés se sont opposés à la fusion de l’instrument d’aide humanitaire de l'UE avec le 'NDICI-Europe dans le monde' en un unique instrument 'Europe dans le monde' dans le prochain Cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 de l'UE (EUROPE 13683/1).
Ils exhortent la Commission européenne à maintenir des lignes budgétaires et des instruments séparés afin de préserver la neutralité, l’indépendance et l’impartialité de l’aide, de renforcer la transparence et de garantir une réserve d’urgence suffisamment dotée (voir autre nouvelle).
Toutefois, mardi après-midi, Mme Lahbib a défendu la proposition de la Commission, affirmant que l’aide humanitaire resterait encadrée par son règlement propre, ce qui préserverait ses principes et éviterait toute politisation. En outre, la commissaire a souligné que le futur instrument 'Europe dans le monde' offrirait une flexibilité accrue, notamment grâce à des enveloppes budgétaires « non programmables ». (Bernard Denuit)