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Bulletin Quotidien Europe N° 13683
CADRE FINANCIER PLURIANNUEL 2028-2034 / Affaires ÉtrangÈres

Le Fonds 'Europe dans le monde', socle de l’action extérieure de l’UE proposé pour la période 2028-2034

Dans son projet de budget 2028-2034 (EUROPE 13682/1), la Commission européenne propose de structurer le Fonds 'Europe dans le monde' autour de six piliers - cinq à vocation régionale et un à portée mondiale - en mobilisant une enveloppe de 200,3 milliards d’euros. Une hausse significative par rapport aux fonds actuels (109 milliards d’euros, garanties et divers instruments d’investissement compris).

À travers cette réorganisation, la Commission entend doter l’UE des moyens nécessaires à la mise en œuvre de sa « nouvelle politique étrangère économique européenne » et ainsi renforcer de manière « stratégique » le rôle de l’Union sur la scène internationale.

Piliers régionaux. Selon les chiffres communiqués mercredi 16 juillet aux colégislateurs de l'UE, 42,6 milliards d’euros iraient aux pays de l’élargissement et du voisinage oriental, 42,5 milliards seraient prévus pour le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et le Golfe, 59,7 milliards pour l’Afrique subsaharienne, 16,7 milliards pour l’Asie et le Pacifique et 9 milliards pour les Amériques et les Caraïbes.

Pilier mondial. 14,9 milliards d'euros seraient consacrés au pilier mondial. Sont officiellement mentionnés par la Commission dans ce volet : le financement d’initiatives via des organisations internationales comme les Nations unies et des thématiques telles que « la lutte contre le terrorisme, la santé mondiale, la cybersécurité, la désinformation, la manipulation et l’ingérence étrangère ainsi que la gouvernance internationale du climat et des océans ». 14,8 autres milliards seraient réservés à la réponse aux crises émergentes et aux besoins imprévus.

Outils. La Commission européenne prévoit six outils de l'instrument 'Europe dans le monde' : - l’aide budgétaire axée sur les politiques ; - l’assistance de préadhésion ; - la coopération au développement, les partenariats internationaux et les investissements stratégiques, notamment à travers l’initiative 'Global Gateway' ; - les actions en faveur de la paix, de la sécurité et des réponses rapides ; - l’assistance macrofinancière ; - l’aide humanitaire.

Avec ce remaniement, l'institution de l'UE vise des objectifs de simplification, de flexibilité, de cohérence et d'impact.

« Le Fonds veille à ce que nos investissements extérieurs soient alignés sur nos priorités internes : compétitivité, transition écologique, numérisation et migration irrégulière »a déclaré jeudi 17 juillet le commissaire européen aux Partenariats internationaux, Jozef Síkela, qui voit dans ce projet de cadre financier pluriannuel (CFP) un socle opportun aux « partenariats mutuellement bénéfiques », qu'il défend à chacun de ses déplacements.

En matière d'aide humanitaire, un montant indicatif de 25 milliards d'euros est annoncé. « C’est plus du double par rapport au profil budgétaire actuel », a souligné un haut fonctionnaire européen jeudi après-midi.

« Notre budget va au-delà des chiffres. Il s’agit avant tout d’investir dans les personnes. Rendre nos sociétés plus égalitaires et inclusives, protéger les populations et les préparer aux crises, renforcer la solidarité mondiale », a déclaré sur X la commissaire européenne à l'Égalité, la Préparation et la Gestion des crises, Hadja Lahbib.

La société civile demande des garanties. Le réseau Concord, qui représente une trentaine d'ONG européennes actives dans la coopération au développement, a estimé mercredi soir que la Commission témoignait « d’une vision tournée vers l’avenir pour le rôle de l’UE dans le monde ».

Toutefois, le réseau avertit que « sans les garanties adéquates, ces financements pourraient être orientés par des priorités politiques à court terme, plutôt que par les besoins de développement à long terme et les besoins humanitaires des pays partenaires ».

Les ONG appellent les colégislateurs à veiller à ce que les fonds atteignent les personnes et les régions qui en ont le plus besoin.

Par ailleurs, l'organisation internationale ActionAid appelle à « une distinction claire dans la proposition entre la politique de développement et la diplomatie économique ».

« Un budget élargi pour 'Global Europe', c’est séduisant - mais sans vision claire, cela reste une simple 'boîte à outils' de politique étrangère au service des seuls intérêts exclusifs de l’UE. En marginalisant le développement, l’UE risque de réduire ses partenariats à des accords politisés et purement transactionnels », a déclaré jeudi Javier Garcia, un responsable régional d'ActionAid.

Programmes complémentaires. D'autres programmes compléteraient le volet 'Global Europe' dans la proposition de la Commission européenne : 3,3 milliards d'euros iraient notamment à l’appui aux pays et territoires d’outre-mer (dont le Groenland) et 999 millions au financement des actions relevant de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC).

Des montants sont également prévus pour les accords de pêche durable (1,3 milliard d’euros), des actions spécifiques (349 millions), des prérogatives institutionnelles (775 millions d’euros), une marge de flexibilité budgétaire (8 milliards) ainsi qu’un autre ensemble combiné d’actions et de prérogatives (2,5 milliards).

Voir la proposition de règlement établissant 'Global Europe' : https://aeur.eu/f/hxe ; et l'annexe précisant certains objectifs : https://aeur.eu/f/hxf  (Bernard Denuit)

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