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Bulletin Quotidien Europe N° 13683
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Les propositions sur la PAC 2028-2034 provoquent un tollé général parmi les agriculteurs européens

Les propositions de la Commission européenne sur la politique agricole commune (PAC) post-2027, dévoilées mercredi 16 juillet, ont provoqué une salve de critiques parmi les agriculteurs de l'UE. 

Le projet, jugé « inacceptable » par de nombreux eurodéputés et représentants du monde agricole, prévoit une réduction de 20% du budget pour la période 2028-2034, la suppression du second pilier consacré au développement rural, ainsi qu’une renationalisation de la PAC, laissant chaque État membre élaborer son propre plan – une perspective redoutée comme une fragmentation de la politique commune.

Les organisations agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), qui ont manifesté mercredi devant les locaux de la Commission, ont dénoncé un « mercredi noir pour l’agriculture européenne ». Pour elles, la Commission démantèle les fondements mêmes de la PAC. Les principales victimes, préviennent-elles, seront les exploitations familiales, « pierre angulaire de notre modèle agricole ».

Via Campesina promet de nouvelles mobilisations dès l’automne. L’organisation qualifie la proposition budgétaire de « désastreuse », estimant qu’elle trahit les objectifs politiques de l’UE et les engagements pris dans le cadre du 'dialogue stratégique' sur l’avenir de l’agriculture. Elle alerte également sur les risques pour les revenus des agriculteurs, en raison de la suppression des budgets dédiés aux mesures agro-environnementales et climatiques, jugée « dangereuse et irresponsable ».

L’organisation IFOAM, quant à elle, appelle à consacrer au moins un tiers du budget de la future PAC à la protection des services écosystémiques, dont l’agriculture bio. « Sans orientation claire vers la durabilité, un nivellement par le bas entre États membres est inévitable », avertit-elle.

Le 'think tank' Farm Europe dénonce également une « trahison » vis-à-vis des agriculteurs mobilisés au printemps 2024. Il critique notamment les modalités de dégressivité et de plafonnement des aides, jugées « déconnectées de la réalité » et contraires à l’objectif de soutenir en priorité les producteurs. Selon son analyse, les paiements commenceraient à diminuer dès 80 hectares de surface.

Le CEJA (Conseil européen des jeunes agriculteurs) se montre plus nuancé. Il salue l’effort de simplification et le doublement de la part des aides au renouvellement générationnel (de 3 à 6% des paiements directs). Il déplore toutefois une « gouvernance fragile », laissant trop de latitude aux États membres, avec pour conséquence une complexité accrue.

Origine des produits agricoles. En plus de la proposition (https://aeur.eu/f/hwz ) sur la réforme de la PAC (EUROPE 13682/4), la Commission a mis sur la table une proposition (https://aeur.eu/f/hx0 ) de révision ciblée du règlement sur l’organisation commune de marchés (OCM). Le commissaire à l'Agriculture, Christophe Hansen, a souligné mercredi que des dispositions sont prévues, visant à « encourager le développement du secteur des protéines végétales », tout en assurant en parallèle la protection nécessaire du secteur animal, notamment par le biais de « règles sur les dénominations de la viande et la création d’une base juridique pour instaurer, à l’avenir, un étiquetage de l’origine des produits ».

Les règles relatives aux programmes de fourniture dans les écoles sont aussi modifiées pour accorder une préférence aux produits d’origine européenne. (Lionel Changeur)

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