La Commission européenne a proposé, mercredi 16 juillet, dans le cadre de sa proposition de nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034, de renforcer le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE - CEF en anglais) existant sans en changer les fondements (EUROPE 13682/6).
Ainsi, ce mécanisme pour les investissements dans les réseaux transeuropéens d'infrastructures de transport et d'énergie, y compris les projets de mobilité militaire et d'énergie renouvelable, se voit attribuer une enveloppe totale de 81,43 milliards d’euros (contre 33,71 milliards pour le cadre financier actuel).
Mis en place pour la première fois en 2014, le programme met l’accent sur des projets « à forte dimension transfrontalière et à haute valeur ajoutée européenne », qui nécessitent un pilotage de l'UE pour être mis en œuvre de manière coordonnée entre les États membres.
Transport. Pour le volet transport, les dépenses proposées ont été doublées, s’élevant désormais à 51,5 milliards d’euros, contre 25,81 lors de la période 2021-2027. Dans cette enveloppe, 17,65 milliards sont dédiés à a mobilité militaire, plus précisément à l’adaptation de certaines parties du réseau RTE-T (réseau central du réseau transeuropéen de transport) aux exigences de ce type de mobilité.
« Nous avons multiplié le budget par dix cette fois-ci. (…) Nous avions un très petit budget de 1,7 milliard d'euros dans le CFP actuel », a expliqué une fonctionnaire européenne, qui a détaillé que l’objectif était de s’intéresser à la double utilisation du réseau RTE-E, à la fois pour un usage civil et militaire.
Plus globalement, le MIE 'Transport' contribue à l'achèvement du réseau RTE-T d'ici 2030 et du réseau central étendu d'ici 2040 « en construisant et en modernisant les infrastructures nécessaires à la fluidité des opérations de transport transfrontalier ».
Ce MIE alloue déjà ses derniers fonds en 2025, ce qui signifie que les promoteurs de grands projets d'infrastructure seront confrontés à un déficit de financement pour les années restantes du CFP actuel. La Commission estime donc qu’il est « essentiel de lancer le prochain MIE (…) et d'allouer rapidement les fonds de l'UE aux bénéficiaires ».
Énergie. Les objectifs spécifiques liés au domaine de l’énergie se voient, quant à eux, attribuer 29,91 milliards d’euros (contre 5,84 milliards précédemment).
Cette multiplication par cinq « stimulera les investissements massifs dans les infrastructures énergétiques. (…) Nous disposerons de réseaux électriques plus nombreux et de meilleure qualité, d'interconnexions, de stockage de l'énergie et d'infrastructures pour l'hydrogène », s’est félicité le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen.
Le MIE 'Énergie' contribue aux projets d’intérêt commun et d’intérêt mutuel en faveur du parachèvement de l’Union de l’énergie et de l’intégration d’un marché interne de l’énergie efficace.
Il met également l’accent sur la coopération transfrontalière dans le domaine de l’énergie renouvelable, avec une sélection de projets transfrontaliers réalisée chaque année par la Commission.
Un document en annexe reprend une liste indicative de 54 projets d’intérêt commun avec une dimension transfrontalière.
Pour consulter les documents : https://aeur.eu/f/hx3 (Pauline Denys)