Dans sa proposition pour le prochain budget à long terme de l'UE (2028-2034), annoncée mercredi 16 juillet, la Commission européenne propose de porter à 41 milliards d’euros le budget d’Erasmus+ pour la période 2028-2034, contre 26,5 milliards actuellement.
Il s’agit ainsi d'élargir l’accès à la mobilité et à la formation, et ce, notamment, pour les milieux les plus modestes.
C’est pourquoi le programme, qui continuerait de financer les échanges scolaires, universitaires et professionnels, prendra davantage en considération les enjeux sociaux et écologiques.
L’inclusion apparaît aussi comme une priorité à atteindre, grâce à une augmentation des financements destinés aux participants ayant moins d’opportunités, au travers d'aides financières individuelles, de la prise en charge des coûts liés au handicap, des partenariats avec des organisations travaillant avec des publics défavorisés.
Par ailleurs, la principale innovation concerne le lancement du programme AgoraEU, qui réunirait les financements actuels d’Europe créative et du programme 'Citoyens, égalité, droits et valeurs' (CERV).
Avec 8,6 milliards d’euros, AgoraEU regrouperait les soutiens européens à la culture, aux médias, à la société civile et à la démocratie dans un cadre uni.
Il serait organisé autour des trois volets que sont la culture (1,8 milliard d'euros), les médias (3,2 milliards), et les droits et valeurs démocratiques (3,6 milliards).
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a explicité dans sa déclaration de mercredi 16 juillet que cet ensemble doit permettre de « soutenir la liberté des médias, les droits civils, la diversité et la participation démocratique », mais aussi de simplifier l’accès aux fonds.
Le nouveau programme financerait également des actions contre les violences fondées sur le genre et la protection des groupes vulnérables.
Un soutien « bienvenu » mais insuffisant, selon le secteur
Le réseau européen d’organisations culturelles Culture Action Europe estime que l’effort budgétaire est « bienvenu », les fonds par rapport à la période précédente étant multipliés par deux.
Mais selon sa responsable des affaires publiques, Luiza Moroz, cela reste insuffisant au regard du poids économique et social du secteur. Elle appelle à ce qu’au moins 2% du budget total de l’UE soient consacrés à la culture, qui représente 4% du PIB européen et près de 8 millions d’emplois, et souhaite également garantir l’accès du secteur culturel à d'autres instruments comme Horizon Europe, le Fonds pour la compétitivité ou les partenariats nationaux et régionaux.
Le budget culturel représenterait environ 21% de l’enveloppe totale d’AgoraEU, à répartir entre de nombreux sous-secteurs comme la musique, le théâtre, le patrimoine ou les arts visuels.
Également sollicité par Agence Europe, le coordinateur général de Liveurope, la plateforme européenne de salles de concert qui agit pour la promotion de la circulation d’artistes émergents européens, Fernando Bittencourt Hersan, a estimé que si « l’augmentation du budget consacré à la culture apportera un soutien significatif au secteur pour faire face à la hausse des coûts et aux réductions budgétaires au niveau national », « elle ne suffit pas à elle seule ».
Par conséquent, il appelle la Commission européenne à mettre en place « une stratégie forte et ciblée pour aider les secteurs clés comme la musique à relever les défis actuels et à libérer pleinement leur potentiel économique et social ». (Nithya Paquiry)