La Commission européenne a publié, lundi 1er décembre, sa deuxième liste de projets d’intérêt commun et d’intérêt mutuel (PIC/PIM) pouvant prétendre à un financement du 'Mécanisme pour l’interconnexion en Europe' (CEF).
Sur les 235 projets transfrontaliers présentés, 113 sont consacrés à l’électricité, 100 à l’hydrogène et aux électrolyseurs, 17 aux infrastructures de transport de carbone, trois aux réseaux de gaz dit « intelligents » et deux visant à relier Malte et Chypre au réseau gazier continental européen.
Pour la Commission européenne, tous ces projets amélioreront non seulement la connectivité énergétique du continent, mais joueront également « un rôle stratégique pour accroître la compétitivité et la décarbonation de l’UE (...) », comme l’a indiqué une porte-parole.
Critiques sur le nombre de projets d'infrastructure d'hydrogène. Un ensemble d’analystes, membres de la société civile et scientifiques ont toutefois regretté le nombre important de projets d’infrastructure d’hydrogène dans cette liste, invoquant des contraintes techniques et des coûts disproportionnés, notamment pour la réaffectation d’infrastructures de gaz.
L’investissement total pour les projets d’hydrogène proposés « dépasse 80 milliards d’euros, sans compter les subventions substantielles qui seront nécessaires pour créer la demande d’hydrogène », ont écrit une trentaine d'organisations, dont Food & Water Action Europe (https://aeur.eu/f/js3 ).
L’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) a également fait part, précédemment, de ses inquiétudes concernant le fait que « les plans de développement des réseaux d'hydrogène sont principalement axés sur les ambitions liées à la demande future plutôt que sur les besoins spécifiques du marché ».
Pour David Cebon, professeur de génie mécanique à l'Université de Cambridge, cofondateur de l''Hydrogen Science Coalition', l’UE devrait plutôt se concentrer sur les usages prioritaires, avec une production d’hydrogène locale dans des pôles industriels, avec un minimum d'infrastructures de transport longue distance.
Il a indiqué à Agence Europe qu’accorder un traitement de faveur à une multitude de gazoducs d'hydrogène représente « un gaspillage extraordinaire d'argent alors que nous avons un besoin urgent de développer les infrastructures d'énergies renouvelables, de construire des réseaux électriques et d'établir des interconnexions entre les pays ».
Au contraire, Daniel Fraile, directeur des politiques et du marché chez Hydrogen Europe, s'est félicité que la nouvelle liste témoigne de « l’engagement de l’Europe » à développer une infrastructure « paneuropéenne » pour l’hydrogène.
La liste sera soumise sous la forme d’un acte délégué au règlement RTE-E, au Parlement européen et au Conseil de l’UE, qui ont deux mois pour l'accepter ou la rejeter.
Pour la consulter : https://aeur.eu/f/js4 (Pauline Denys)