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Bulletin Quotidien Europe N° 13763
Invasion Russe de l'Ukraine / Économie/dÉfense

Quinze pays de l'UE, sur les dix-neuf participant à l'instrument 'SAFE', prévoient des projets de défense incluant l'Ukraine

Les dix-neuf pays de l'Union européenne qui ont fait appel à l'instrument européen 'SAFE' de prêts préférentiels pour accroître les investissements dans la défense (EUROPE 13705/18) ont tous transmis à la Commission européenne, avant fin novembre, leur plan national détaillant les projets qu'ils entendent financer.

Sur ces dix-neuf pays, « quinze États membres ont prévu un soutien à l'Ukraine. C'est plus qu'attendu ! Et nous parlons de milliards (d'euros), pas de millions », a déclaré le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, lundi 1er décembre, via le réseau X.

Porte-parole de la Commission, Thomas Régnier, n'a souhaité communiquer ni le nom des pays participants ne souhaitant pas mettre en œuvre des projets avec l'Ukraine ni le montant global des projets impliquant l'Ukraine. Il a juste confirmé que les sommes initialement allouées aux pays participants n'avaient pas évolué (EUROPE 13705/18) et que les projets identifiés s'inscrivent pleinement dans la 'feuille de route' de la Commission sur l'état de préparation du secteur de la défense d'ici 2030 (EUROPE 13732/1).

Il revient désormais à l'institution de l'UE d'évaluer les plans nationaux d'investissements, notamment la capacité de ces plans à travailler sur une base transfrontalière. Ce travail devrait durer jusqu'en janvier 2026. Une fois que la Commission les aura validés, il reviendra au Conseil de les approuver dans un délai de six semaines, à la majorité qualifiée des États membres. D'ici là, un préfinancement à hauteur de 15% de l'enveloppe totale pourra être versé.

« En gros, c'est la même chose que pour le plan Next Generation EU. Vous devez présenter les réformes, les mesures que vous prenez afin d'obtenir également le financement », a indiqué la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas.

Avec un plan doté de plus de 43,73 milliards d'euros, la Pologne sera - de loin - le premier bénéficiaire de l'instrument 'SAFE', suivie de la Roumanie (16,68 milliards), puis de la France et de la Hongrie (16,22 milliards chacune).

Interrogé sur la participation de pays tiers après l'échec des négociations avec le Royaume-Uni (EUROPE 13762/2), M. Régnier a indiqué que l'industrie militaire des pays tiers qui n'auront pas conclu des accords spécifiques avec l'UE pourra toujours fournir du matériel et des composants à hauteur de 35% de la valeur totale d'un projet. Les négociations sur la participation du Canada à l'instrument 'SAFE' se poursuivent, dans le but d'impliquer l'industrie canadienne des matériaux critiques. (Mathieu Bion avec Camille-Cerise Gessant)

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