Le groupe des Med5, associant les ministres de l'Intérieur, des Migrations et de l'Asile de Chypre, de Grèce, d'Italie, de Malte et d'Espagne, s'est réuni à Malte les 28 et 29 novembre pour réaffirmer son attachement à la mise en œuvre fidèle et effective du ‘Pacte européen sur la migration et l'asile’, qui offre un « cadre qui renforce la solidarité, simplifie les procédures d'asile et améliore la gestion des frontières, tout en garantissant les droits fondamentaux », selon la déclaration finale.
« En tant qu’États membres de première ligne, nous soulignons l’importance de maintenir, tout au long de la phase de mise en œuvre, l’équilibre et la cohérence essentiels avec les principes directeurs des négociations, notamment les principes de solidarité effective et de partage équitable des responsabilités consacrés par le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne ».
Le groupe appelle donc à veiller « à ce que le mécanisme de solidarité obligatoire tienne ses promesses : apporter un soutien opportun, efficace et adapté aux besoins des États membres confrontés à la pression migratoire ».
Par ailleurs, les Med5 demandent « un renforcement des crédits alloués aux dimensions intérieure et extérieure de l’asile, des migrations et de la gestion des frontières dans le cadre financier pluriannuel actuel et le prochain ».
Ils demandent aussi à la Commission de poursuivre « la mise en œuvre des partenariats existants (avec les pays tiers), tout en œuvrant à l’établissement de nouveaux partenariats globaux et à une coopération renforcée avec d’autres pays tiers clés », citant, entre autres, la mise en œuvre intégrale et non discriminatoire de la déclaration UE-Turquie.
Projets pilotes pour des solutions innovantes. Ils soulignent encore « l’importance de rechercher de nouvelles solutions pour relever les défis complexes liés à la migration irrégulière. Nous invitons la Commission européenne à intensifier sa collaboration avec les États membres intéressés afin d’étudier la mise en place de projets pilotes, pleinement conformes aux cadres juridiques européens et internationaux applicables, en tant qu’outils supplémentaires pour renforcer les capacités de l’Union en matière de gestion des migrations ».
Lors d’une conférence de presse finale, le 29 novembre, le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a déclaré que les États en première ligne demeurent les plus exposés aux arrivées irrégulières et doivent bénéficier d’une solidarité effective de la part des autres pays de l’UE, selon les médias maltais. Il a également encouragé les projets visant à améliorer la formation avant le départ et les voies de migration légale.
Le ministre espagnol Fernando Grande-Marlaska a également déclaré que l'alliance Med5 était essentielle pour garantir que la politique de l'UE concilie solidarité et responsabilité, tandis que le vice-ministre chypriote, Nicholas Ioannides, a insisté sur la nécessité pour le pacte de se traduire concrètement, notamment par des contrôles rigoureux aux frontières, des retours efficaces et une coopération crédible avec les pays d'origine.
« Nous voulons aider les personnes qui sont réellement dans le besoin. Mais lorsqu'une personne abuse du système, nous devons être fermes et la renvoyer », a conclu pour sa part le ministre hôte, Byron Camilleri.
Lien vers la déclaration : https://aeur.eu/f/jrq (Solenn Paulic)