Tandis que la fin de la COP30 à Belém (Brésil) approche, l'Union européenne a présenté sa 'feuille de route' pour la mise en œuvre des paragraphes 28 et 33 du premier bilan mondial ('global stocktake', GST-1). Le texte, soumis aux Parties, a pour objectif d’accélérer la mise en œuvre de la transition hors des énergies fossiles « de manière juste, ordonnée et équitable », sous la coordination des Présidences actuelle et entrante de la COP.
Lors de la conférence de presse de mercredi 19 novembre, le commissaire européen à l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra, a insisté sur l’urgence et la responsabilité collective. Pour l’UE, a-t-il rappelé, le succès de la COP repose sur « l’ambition » et le fait de combler « le fossé entre mise en œuvre et niveau d’ambition », tandis que le monde « se rapproche dangereusement de points de bascule véritablement destructeurs ». Il a également salué « le sens de l’urgence » porté par la présidence brésilienne.
Par ailleurs, il a souligné que l’UE a mené des consultations avec de nombreux partenaires, « de Palau à la Chine, de la Corée du Sud à la Colombie », pour élargir le soutien à une transition mondiale hors des énergies fossiles.
La cheffe de la délégation du Parlement européen, Lídia Pereira (PPE, portugaise), a fait part d’une volonté de « revenir en Europe avec un véritable engagement quant à la mise en œuvre » des engagements climatiques et des décisions de la COP. Elle a réaffirmé la priorité donnée à la sortie des combustibles fossiles et a rappelé qu’« il est possible de décarboner et de croître ».
Elle a également rappelé que l’exemplarité européenne, qui s'illustrerait par la révision de la 'Loi climat' - l'objectif de réduction de 90% des émissions d’ici 2040 par rapport à 1990 (EUROPE 13746/1) - doit servir de « recette » pour encourager d’autres régions du monde à s’engager dans la transition.
La question des politiques commerciales et du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) a toutefois été relancée. Selon l’AFP, plusieurs pays asiatiques estiment « illogique » et « incohérent » que les pays occidentaux se privent de technologies vertes chinoises alors qu’eux-mêmes y recourent massivement pour accélérer leur transition. L’UE, pour sa part, défend un instrument climatique.
Wopke Hoekstra a affirmé que le CBAM est « un outil climatique », et non « une mesure commerciale unilatérale », rappelant que son objectif est de prévenir les fuites de carbone.
Jeudi 20 novembre, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé les Parties à un accord final « ambitieux ». « Le monde regarde Belém », a-t-il affirmé, d’après l’AFP, exhortant les négociateurs à parvenir à un compromis qui maintienne « 1,5°C comme seule ligne rouge ».
Proposition de l'UE pour une 'feuille de route' pour la mise en œuvre des paragraphes 28 et 33 du premier bilan mondial : https://aeur.eu/f/jkf (Nithya Paquiry)