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Bulletin Quotidien Europe N° 13755
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Les États membres de l'UE réfléchiront aux moyens de renforcer la lutte contre la 'flotte fantôme' russe

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’UE se retrouvent à nouveau, à Bruxelles, jeudi 20 novembre, pour une réunion qui abordera des sujets récurrents : - l'agression russe de l'Ukraine, avec un accent mis sur la 'flotte fantôme' russe ; - le Proche-Orient ; - ainsi que le Sahel et le Soudan. Ils auront aussi un déjeuner informel sur les relations UE/ASEAN.

Dans les 'points divers', le Conseil se penchera sur l'Union pour la Méditerranée et les attaques hybrides menées par la Biélorussie contre certains États membres de l'UE (EUROPE 13740/15), comme en Lituanie. Le sujet de la lutte contre la criminalité organisée sera aussi abordé, avec la possible création d'un régime spécifique de sanctions.

Ukraine. Les ministres seront informés, par vidéoconférence, par leur homologue ukrainien, Andrii Sybiha, des derniers événements.

Le Conseil devrait en particulier se pencher sur la 'flotte fantôme' russe. Le mois dernier, le 'Service européen pour l’action extérieure' (SEAE) avait présenté des options pour mettre la pression sur cette flotte (EUROPE 13734/7).

Il s'agirait notamment de renforcer les sanctions contre ces navires, en dehors de l’adoption des traditionnels paquets de mesures contre la Russie. La prise de contact avec les États du pavillon ou encore un travail sur un cadre juridique solide pour gérer les navires se trouvant dans les eaux des États membres sont aussi avancés. Sur ce point, tous les États membres n’ont pas les mêmes dispositions sur le plan interne pour mettre en œuvre le droit.

Le soutien, notamment militaire, et les garanties de sécurité pour l'Ukraine pourraient être mentionnés, tout comme la situation du secteur énergétique, après de nombreuses attaques russes contre les infrastructures ukrainiennes.

Proche-Orient. Les ministres feront aussi un point sur la situation à Gaza, quelques jours après l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies endossant le plan de paix américain (EUROPE 13754/34).

Le Conseil devrait se pencher sur le soutien que l’UE pourrait apporter à la mise en place de ce plan, notamment à travers ses missions EUBAM Rafah et EUPOL COPPS. Selon une source européenne, l’UE pourrait former jusqu’à 3 000 policiers gazaouis, hors de l’enclave palestinienne.

L’UE est également présente au sein du centre de coordination militaire et civile établi en octobre sous l’autorité des Américains, avec une dizaine de personnes, y compris avec Christian Berger, directeur du Centre de réponse aux crises du SEAE. Neuf États membres sont aussi présents. L’objectif pour les Européens est de s’assurer que les travaux soient conformes au droit international et à la vision européenne de l’avenir de la région, de coordonner leurs messages, et de faire en sorte que les Européens soient plus impliqués dans les travaux.

En parallèle du Conseil se tiendra la première réunion du 'Groupe des donateurs pour la Palestine'. Une soixantaine de délégations (États membres, pays partenaires, dont les États-Unis, pays du Golfe…) devraient être présentes.

Selon la Commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, la réunion portera sur « le renforcement de la résilience financière de l'Autorité palestinienne ; la mise en œuvre et l'accélération des réformes ; le soutien à la croissance économique en Cisjordanie ; et l'avancement des efforts de reconstruction à Gaza ».

La rencontre sera l’occasion, pour le Premier ministre palestinien, Mohammad Mustafa, de faire un point sur la mise en œuvre des réformes et, pour les donateurs, d’expliquer ce qu’ils attendent de l’Autorité palestinienne.

Si la réunion n’est pas une conférence de promesses de dons, une source européenne a précisé, mercredi, s’attendre à ce que plusieurs États confirment leur soutien financier à l’Autorité palestinienne.

Soudan. En milieu d’après-midi, les ministres se pencheront à nouveau sur la situation au Soudan, où les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), dirigés par le général Mohamed Hamdane Dagalo, poursuivent leur avancée, notamment depuis la prise, fin octobre, de la ville d’El Fasher, au Darfour du Nord. Mercredi, le chef des opérations humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a dénoncé auprès de l’AFP des atrocités commises « avec un sentiment d’impunité totale ».

Jeudi, les ministres devraient annoncer de nouvelles sanctions de l’UE, un diplomate européen ayant évoqué, la veille, le nom d'Abdul Rahim Dagalo, le chef adjoint des FSR et frère du général.

Les discussions du Conseil 'Affaires étrangères' porteront également sur la mise en œuvre des conclusions précédemment adoptées concernant le cessez-le-feu, l’accès humanitaire, la protection des civils et la transition vers une gouvernance civile.

Sahel. Les ministres aborderont, d'autre part, la situation au Sahel, alors qu’une résurgence djihadiste – dont Agence Europe avait présenté l'étendue en septembre (EUROPE 13715/19) - fragilise la junte militaire au pouvoir au Mali.

Les ministres devraient approfondir leur réflexion en vue de définir une nouvelle approche diplomatique européenne dans cette région d'Afrique, où les coups d’État se sont multipliés depuis 2020 et où les missions de l’UE ont été définitivement suspendues ou fortement réduites.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de rester passifs face à ce qui se passe. Entre extrémisme, coups d’État militaires - réussis ou ratés -, incapacité des juntes à assurer la sécurité et influence déstabilisatrice de la Russie, la situation est devenue existentielle pour la région, mais aussi pour nous », a déclaré mercredi une source européenne de haut niveau.

Indopacifique. À noter que, jeudi soir, débutera le 4e forum ministériel UE/Indopacifique, qui se poursuivra vendredi 21 novembre.

Il réunira plus de 70 délégations des pays de l’UE et de la région indopacifique pour échanger sur les priorités communes en matière de sécurité, de connectivité numérique, ou encore de transition propre. (Léa Marchal, Bernard Denuit, Pauline Denys et Camille-Cerise Gessant)

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