La future Présidence chypriote du Conseil de l’UE aura à cœur d’accompagner les négociations - et notamment les premiers trilogues avec le PE - sur les règlements relatifs aux retours des personnes en situation irrégulière dans l’UE ou aux concepts de 'pays tiers sûrs' et de 'pays d’origine sûrs'.
La mise en œuvre du 'Pacte Asile et migration' et la poursuite des réflexions sur les 'solutions innovantes' pour réduire les arrivées irrégulières, comme de potentielles ‘places de sûreté’ dans des pays tiers pour abriter les migrants secourus en mer (EUROPE 13749/5), seront d'autres priorités. « Chypre est intéressée de manière générale par tous les types de solutions innovantes », a en effet dit, mercredi 19 novembre, le vice-ministre des Migrations et de la Protection internationale, Nicholas Ioannides, à un groupe de journalistes.
Concernant les ‘centres de retour’ dans les pays tiers, que Chypre privilégie comme un instrument devant être préparé au niveau de l’UE, le ministre espère parvenir à une 'feuille de route' fixant les bases légales solides pour ces dispositifs, et notamment la façon dont un pays membre négociant un accord de ‘hub’ avec un pays tiers pourrait informer ses partenaires européens et éventuellement les intégrer dans cet accord.
Mais il est important pour nous que ces discussions se tiennent au niveau européen, a-t-il poursuivi, conscient que de nombreux points restent à définir, comme la localisation de ces centres et le public qui serait concerné par de possibles transferts dans ces centres.
Nous aurons « besoin d'un document clair, d'une base juridique précise sur la manière de mener ces négociations, car le concept de 'pays tiers sûrs' constituera notre fondement juridique pour la mise en œuvre d'idées novatrices », a également indiqué le vice-ministre.
« Nous souhaitons un régime juridique solide et équitable régissant ces activités, toujours conforme au droit de l'UE et au droit international », a-t-il encore défendu.
Le vice-ministre aura également la charge de 'mettre en musique' le nouveau ‘Pacte Asile et migration’, qui entrera en vigueur mi-juin 2026, et avec lui la nouvelle réserve de solidarité.
« Nous pensons que le mécanisme de solidarité, le fonds de solidarité, est un outil indispensable pour tous les États membres, notamment pour des États membres comme Chypre. C'est pourquoi nous avons demandé des relocalisations. C'est un enjeu crucial, au-delà du simple financement ».
Le financement « est également utile et nous souhaiterions bien sûr recevoir des fonds supplémentaires. Mais si une crise majeure de réfugiés éclate ou si une occupation accrue se produit, nous ne pourrons pas gérer seuls l'afflux de dizaines de milliers de migrants à Chypre ».
La Présidence chypriote cherchera aussi à se concentrer sur la lutte contre les réseaux de passeurs. (Solenn Paulic)