À l'occasion du Sommet sur la souveraineté numérique européenne, qui s'est tenu à Berlin mardi 18 novembre, Français et Allemands ont affiché un front commun pour voir l'Europe se doter de législations et de pratiques destinées à la propulser à l'avant-garde de l'innovation numérique.
Selon les responsables européens, l'Union doit s'efforcer de prendre la tête de la course à l'intelligence artificielle (IA), développer sa propre offre de 'cloud' sécurisée, s'attaquer aux abus des plateformes en ligne, et, plus largement, réduire sa dépendance vis-à-vis du géant technologique américain.
« L'objectif de l'Europe est très simple : nous voulons être à l'avant-garde, et non à la traîne, en matière d'IA et de technologies de pointe », a déclaré Henna Virkkunen, la commissaire chargée de la Souveraineté technologique, lors de l'ouverture de l'événement. « Nous avons le marché, nous avons les talents, nous avons l'ambition. Nous devons maintenant investir, innover et adopter ces technologies à grande échelle ».
La France a ainsi emboîté le pas à l'Allemagne pour réclamer un délai de 12 mois sur la mise en œuvre des obligations de l'AI Act concernant les systèmes à haut risque (EUROPE 13728/3).
Sur le Règlement général sur la protection des données (RGPD) et la protection des données au sens large, Paris et Berlin veulent voir la Commission continuer dans sa voie de simplification et « définir des normes de protection extrêmement strictes pour les données les plus sensibles, notamment des normes adéquates pour protéger les données face aux risques relevant de la cybersécurité, en particulier les effets de législations extraterritoriales adoptées hors de l’UE ».
LA Commission européenne doit présenter mercredi 19 novembre son paquet de simplification numérique (EUROPE 13747/1), qui doit apporter des ajustements au RGPD (EUROPE 13552/13), au règlement sur l'IA et à d'autres législations liées aux données.
Le président français, Emmanuel Macron, a également plaidé en faveur d'une « préférence européenne », notamment dans la commande publique, en déplorant « parfois une fascination pour les solutions non européennes ».
La France et l'Allemagne ont également annoncé la mise en place d'un groupe de travail sur la souveraineté numérique, qui doit concevoir des « indicateurs » de souveraineté.
Voir le communiqué : https://aeur.eu/f/ji9
Voir le document informel (non-paper) sur la législation numérique européenne : https://aeur.eu/f/jia (Isalia Stieffatre)