Lors d’un dialogue de haut niveau sur l’avenir de la politique de cohésion, qui a rassemblé, mardi 18 novembre à Bruxelles, des représentants des États membres, du Parlement européen et du Comité européen des régions (CdR), de nombreux participants ont jugé insuffisantes les concessions de la présidente, Ursula von der Leyen, sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE pour 2028-2034 (EUROPE 13749/2).
Lors de cet événement, les élus du CdR ont critiqué les propositions de la Commission européenne sur la politique de cohésion post-2027, notamment la centralisation excessive découlant des 'plans de partenariat nationaux et régionaux'.
Siegfried Mureșan (PPE, roumain), rapporteur du Parlement européen sur le CFP, a estimé que la politique de cohésion n'est pas seulement un instrument de solidarité, « elle renforce aussi notre économie ». Les changements proposés récemment par la Commission, après la menace du PE de rejeter les propositions, représentent plus qu'une déclaration politique, mais ne modifient pas d'une manière claire les propositions sur la table, a évalué le rapporteur (EUROPE 13750/1).
Il a parlé d'un « progrès significatif », notamment en matière de rôle des régions et de financements. « Nous allons commencer le travail législatif en fonction de cette nouvelle base », a dit M. Mureșan.
Monika Sikora, secrétaire d’État au ministère polonais de la Politique régionale, a réaffirmé que la politique de cohésion doit « rester ouverte à toutes les régions », comme le prévoient les traités européens. Elle a souligné l’importance de préserver le modèle de gouvernance à plusieurs niveaux et de partenariat, tout en insistant sur la nécessité d’écouter les régions. Pour Monika Sikora, la politique de cohésion est « l’une des plus grandes réussites de l’UE ». Elle a permis, selon la Pologne, de réduire les disparités entre les territoires, de soutenir les transitions verte et numérique et d'améliorer les standards de vie à travers l’Europe.
La secrétaire d'État a plaidé pour « rechercher le bon sens » et considérer la politique européenne comme « un instrument sûr pour rapprocher les citoyens » de l'UE, afin de « construire une Union plus forte et plus juste ». Monika Sikora a redit le soutien plein et entier de la Pologne aux efforts de l''Alliance pour la cohésion' et du Comité européen des régions pour maintenir cette politique « au cœur du projet européen ». Elle a rappelé, enfin, qu'une « politique de cohésion forte signifie une Union forte ».
Peter Berkowitz, directeur de la politique au sein de la direction générale de la politique régionale et urbaine de la Commission européenne, a évoqué les récentes concessions, dont l’introduction d’un contrôle régional visant à vérifier la pleine implication des autorités régionales et locales dans l’élaboration des plans de 'partenariat nationaux et locaux'.
Selon lui, les autorités régionales pourront désormais échanger directement avec la Commission, ce qui renforce leur rôle à toutes les étapes des plans. La Commission propose aussi des garanties suffisantes pour assurer la continuité des investissements dans les régions en transition, grâce à un 'filet de sécurité'. (Lionel Changeur)