De manière désormais habituelle, les dirigeants des vingt-sept États membres auront un échange sur la compétitivité de l’Union européenne durant le Conseil européen des 26 et 27 juin, au moment du dîner, jeudi soir. Le Président du Conseil européen, António Costa, a proposé de cadrer ces discussions dans un thème « géoéconomique » pour englober également le contexte international qui affecte l'économie européenne. Les conclusions qu’ils devraient adopter ne s’éloignent guère des précédentes, selon un projet daté du 24 juin obtenu par Agence Europe. Mais les chefs d’État ou de gouvernement estiment crucial de maintenir l’attention et les efforts sur la simplification des règles, le renforcement du marché intérieur et la garantie d’une énergie abordable.
Industrie. Le peaufinage du texte de conclusions, ces derniers jours, a permis de prendre en compte les demandes de certaines délégations. Par exemple, les auteurs indiquent qu’il importe d’accorder « une attention particulière aux défis rencontrés par les industries traditionnelles, comme l’automobile, le fret, l’aviation ainsi que les industries énergivores ».
Énergie. Dans la même veine, la partie sur l’énergie a été étoffée afin d’insister sur le besoin d’une énergie abordable et pour satisfaire aux demandes des pays d’Europe centrale qui peuvent difficilement se passer du gaz russe, selon les principaux intéressés.
Les dirigeants devraient également préciser que les voies de transit alternatives pour l’énergie doivent être viables économiquement et « prendre en compte les spécificités des pays enclavés ». De la même façon que lors des précédentes conclusions du Conseil européen, le cas de la Slovaquie est mentionné.
Simplification. Les participants au sommet devraient saluer les efforts et les résultats déjà obtenus en matière de réduction de la charge administrative, à un moment où la Présidence polonaise du Conseil de l’UE a déjà obtenu des accords politiques entre les Vingt-sept sur plusieurs initiatives ‘omnibus’ de simplification, ainsi que plusieurs accords avec le PE.
Euro. Le langage sur l'euro a été précisé : les dirigeants devraient appeler à renforcer son rôle international, « y compris en tant que devise de réserve et de transaction ». Outre l'enjeu de l'influence géopolitique, il s'agit de réduire la dépendance à l'égard du dollar et les risques associés à la volatilité de cette monnaie, dans le contexte d'incertitude actuelle. Les entreprises européennes ont tout intérêt à ce que l'usage de l'euro soit large, pour réduire les coûts de transaction et gagner en compétitivité, selon un diplomate européen.
Commerce. Les négociations commerciales avec les États-Unis ne manqueront pas d'être abordées alors que les États membres attendent des nouvelles de la Commission avec impatience. Une clarification sur les marges politiques de chacun serait utile, a expliqué un diplomate européen. Toutefois, à l'heure actuelle, les Vingt-sept n'ont que peu d'indices sur ce qui les attend en termes de tarifs à l'issue des négociations, et les spéculations vont bon train.
Les dirigeants pourraient également se pencher sur les relations avec la Chine, à quelques semaines d'un sommet bilatéral.
L'autre sujet commercial qui pourrait se glisser dans les discussions est celui de l'accord UE/Mercosur. La Commission prévoit de publier sa proposition de signature dans les jours qui suivent le Conseil européen, voire le lendemain, selon une source.
Voir le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/hjx (Léa Marchal avec la rédaction)