Les dirigeants des pays de l’OTAN ont promis, mercredi 25 juin, qu’ils soutiendraient l’Ukraine dans la durée.
« Conscients que la sécurité de l’Ukraine contribue à leur propre sécurité, les Alliés réaffirment qu’ils soutiendront ce pays dans la durée, ainsi qu’ils s’y sont engagés souverainement », souligne la déclaration qu’ils ont adoptée lors de leur sommet à La Haye.
« Nous soutenons l'Ukraine dans sa quête de paix et continuerons de la soutenir sur la voie irréversible de son adhésion à l'OTAN », a souligné le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, à l’issue du sommet, bien que la déclaration ne le mentionne pas. À son arrivée à La Haye, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, avait prévenu que l'Alliance n'avait rien à faire en Ukraine, que l'Ukraine, tout comme la Russie, n'en était pas membre, et que son rôle était de « maintenir la situation en l'état ».
Le secrétaire général a précisé que les Alliés devront s’assurer que l’Ukraine puisse continuer de combattre et dispose des moyens nécessaires pour être aussi forte que possible, mais aussi « pour empêcher Vladimir Poutine de retenter sa chance à l'avenir ». Il s’agit, selon M. Rutte, de former les soldats, de fournir de l'équipement militaire, mais aussi de soutenir le développement de l’industrie de la défense ukrainienne.
« Notre message fort (…) est que l'Ukraine bénéficie de notre soutien continu, notamment avec plus de 35 milliards d'euros promis depuis le début de l'année, et davantage encore à venir », a expliqué Mark Rutte. Les Alliés ont décidé que les aides concourant directement à la défense de l’Ukraine et au développement de son industrie de défense entreraient dans le calcul des dépenses de défense des Alliés et, donc, dans l’objectif de 5% qu’ils se sont fixé à l’horizon 2035 (voir autre nouvelle).
Interrogé sur les demandes ukrainiennes de Patriots, le président américain, Donald Trump, a précisé que son pays allait voir si cela était possible. « Nous allons voir si nous pouvons en mettre à disposition. Ils sont très difficiles à obtenir. Nous en avons besoin aussi. Nous en fournissions à Israël », a-t-il expliqué. « L'Ukraine est prête à acheter ces équipements et à soutenir les fabricants d'armes américains. L'Europe peut apporter son aide », a précisé le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sur X, ajoutant qu’il avait discuté avec M. Trump du potentiel de coproduction de drones.
Travailler à la paix. Le secrétaire général de l’OTAN a aussi insisté sur la nécessité de travailler à la conclusion d’un « accord de paix ou d'un cessez-le-feu à long terme ».
« Nous espérons que nous parviendrons » à terminer la guerre, a souligné Donald Trump, convaincu que c’est « le moment idéal ». Son lui, il s’est entretenu avec M. Zelensky, non pas pour négocier, mais pour savoir comment le président ukrainien se sentait. Cette réunion, « très agréable », selon Trump, était aussi un moyen d’aplanir les tensions nées d'une rencontre difficile à la Maison-Blanche fin février. Il a précisé qu’il contacterait le président russe, Vladimir Poutine, qui, selon lui, voudrait « se sortir » de cette guerre. « Vladimir Poutine doit vraiment mettre fin à cette guerre », a ajouté M. Trump.
Alors que le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a expliqué que les États-Unis s’engageraient, s’ils avaient « l'occasion de faire la différence et d’amener (les Russes) à la table des négociations », le président français, Emmanuel Macron, a expliqué que les Européens avaient « besoin des États-Unis pour obtenir un cessez-le-feu, par une capacité de dissuasion et en utilisant aussi la crédibilité liée au théâtre iranien ».
Et alors que les Européens préparent un 18e paquet de sanctions (EUROPE 13667/3) et que le Sénateur américain Lindsey Graham pousse pour des mesures au Congrès, M. Rubio a estimé que, si les États-Unis imposaient de nouvelles mesures, ils pourraient « probablement » perdre leur « capacité à discuter du cessez-le-feu avec [la Russie] ». « Et alors, qui leur parlera ? Parce qu’ils ne parlent à personne d’autre en Europe. Ils ne parlent à personne d’autre dans le monde qui est de notre côté et qui voit les choses comme nous », a-t-il mis en garde, précisant que, si le président américain prenait des sanctions, cela « reviendrait presque à admettre que la négociation ne sera pas imminente ».
Voir la déclaration du sommet de l'OTAN: https://aeur.eu/f/hkg (Camille-Cerise Gessant)