Les chefs d'État ou de gouvernement des pays de l'Union européenne devraient exhorter, jeudi 26 juin, toutes les parties à la guerre entre Israël et l'Iran à « respecter le droit international » et à « s'abstenir de prendre des mesures susceptibles d'entraîner une nouvelle escalade », selon un paragraphe ajouté au troisième projet de conclusions du Conseil européen, daté du 24 juin.
À travers ce langage, les Vingt-sept ne se prononceront pas sur la légalité des attaques aériennes israéliennes sur des sites essentiellement militaires et nucléaires iraniens ni sur l'intervention militaire surprise des États-Unis en soutien à Israël. Si le président français, Emmanuel Macron, a qualifié ces attaques d'illégales sans les condamner, son homologue allemand, Friedriech Merz, est convaincu que les Israéliens font « le sale boulot » au nom des Occidentaux vis-à-vis d'un régime qui opprime sa population et a juré la disparition d'Israël.
Contrairement à ce que le G7 a déclaré, le Conseil européen ne soulignerait pas le droit d'Israël à se défendre. Se disant « fermement attaché » à la stabilité au Moyen-Orient, il rappellera la position de l'Union européenne selon laquelle « l'Iran ne doit jamais être autorisé à acquérir une arme nucléaire » et que ce pays « doit se conformer à ses obligations juridiquement contraignantes en vertu du traité de non-prolifération » des armes nucléaires. Il soulignera quand même l'importance de privilégier « les efforts diplomatiques » pour réduire les tensions et « apporter une solution durable à la question nucléaire iranienne ».
L'Iran est une « force déstabilisatrice » dans la région depuis cinquante ans, a noté une source diplomatique européenne mardi 24 juin, estimant que « la position claire » de l'UE dans ce conflit doit être de « trouver une solution diplomatique négociée » pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire.
Voir le projet de conclusions du Conseil européen daté du 24 juin : https://aeur.eu/f/hjx (Mathieu Bion, avec la rédaction)