Le Plan d’action industriel pour le secteur automobile de la Commission européenne a été jugé soit trop peu ambitieux par certains députés européens soit inadapté par d’autres, mercredi 12 mars, lors du débat en session plénière (EUROPE 13592/4 ; 13593/14).
Une partie du Parlement remet en question le 'tout électrique' et souhaite revenir sur l’interdiction des moteurs thermiques, notamment le PPE, la CRE et les PfE et l'ENS. « L'industrie a besoin de flexibilité, d'objectifs clairs et d'un engagement en faveur de la neutralité technologique », a défendu l’eurodéputé européen allemand Jens Gieseke, négociateur en chef du Groupe PPE sur l'industrie automobile. « Nous appelons à une révision de l'interdiction des moteurs à combustion interne avant la fin de l'année », a-t-il ajouté.
Klara Dostalova (PfE, tchèque) a critiqué la dépendance de l’UE vis-à-vis de la Chine concernant les importations de matériaux pour la construction des batteries. « Comment la transition est-elle juste, si l'on ignore les technologies traditionnelles, les solutions à base d'hydrogène, les modèles hybrides et si l'on pénalise ceux qui n'ont pas les moyens de s'acheter une voiture électrique ? », a-t-elle demandé rhétoriquement, appelant à « un respect de la réalité économique ».
De son côté, Carlo Fidanza (CRE, italien) a déploré le fait qu’aucune dérogation ne soit prévue pour les véhicules lourds. « L'électrification de ces marchés n'est pas soutenable, ce qui lèse un secteur dans lequel nous sommes en concurrence avec des entreprises extraeuropéennes », a-t-il regretté.
À l’inverse, Mohammed Chahim (S&D, néerlandais) a fait part de ses inquiétudes concernant le retard technologique que l’Europe risque de prendre si elle tarde trop à passer aux véhicules électriques. « Avec ces retards pour passer aux véhicules 'zéro émission' en Europe, je ne vois que deux gagnants : les entreprises qui sont à la traîne, qui ne cherchent que des gains à court terme, et la Chine, qui est déjà en tête du marché des véhicules électriques et qui voit la concurrence se saboter elle-même », a-t-il souligné. « Nous devons promouvoir une flotte d'entreprise électrique, introduire le leasing social pour rendre les véhicules électriques accessibles à tous les Européens », a-t-il ajouté.
Michael Bloss (Verts/ALE, allemand) a accusé la Commission européenne de devenir faible et d’attaquer le Pacte vert, en ouvrant « la boîte de Pandore ». « Vous créez de l'insécurité au niveau des investisseurs de l'industrie des consommateurs et vous n'avez même pas l'intention d'être à la hauteur de la Chine. Félicitations ! Comme ça on peut détruire l'industrie ! », a-t-il soufflé.
Jonas Sjöstedt (La Gauche, suèdois) a aussi exprimé des inquiétudes par rapport aux travailleurs du secteur automobile. « Les emplois d’avenir dans le secteur automobile ne vont pas être générés avec la technologie d'hier », a-t-il considéré. « Il est grand temps de soutenir l'industrie automobile. Il faut des exonérations fiscales pour ceux qui achètent des voitures électriques », a-t-il soutenu.
Pour permettre la transition vers le 'tout électrique', Apóstolos Tzitzikóstas, le commissaire aux Transports et au Tourisme durables, a évoqué l'utilisation de carburants alternatifs. (Anne Damiani)