L’Union européenne et l’Afrique du Sud tiendront, jeudi 13 mars au Cap, leur premier sommet bilatéral depuis novembre 2018 (EUROPE 12138/13). La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, rencontreront le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, pour des discussions axées sur la coopération bilatérale, la stabilité régionale et les enjeux géopolitiques mondiaux.
L’Ukraine, le conflit au Moyen-Orient et le soutien au multilatéralisme seront au cœur des échanges. L’UE, qui considère l’Afrique du Sud comme un partenaire stratégique sur le continent africain, souhaite renforcer sa coopération avec Pretoria, notamment en vue du sommet UE/Union africaine qui devrait être organisé dans le courant du deuxième semestre de 2025, mais aussi dans le cadre de la présidence sud-africaine du 'G20'.
« Nous avons eu un premier sommet avec l'Afrique du Sud en 2007. Beaucoup de choses ont changé depuis et nous sommes aujourd'hui dans un contexte géopolitique très particulier, ce qui rend ce sommet encore plus important et pertinent », a souligné un haut fonctionnaire européen, mardi 11 mars, insistant sur l’important travail préparatoire mené avec les partenaires pour assurer le succès du sommet.
Renforcement des liens économiques. Ce sommet sera l’occasion de lancer des négociations sur le tout premier 'partenariat pour le commerce et l’investissement propre' (‘Clean trade and investment partnership’, ou CTIP) entre l’UE et l’Afrique du Sud.
Le contenu de l’accord dépendra des négociations à venir, mais l’UE espère créer un environnement favorable pour les investissements dans les technologies propres, avec l’hydrogène en première ligne, selon un autre haut fonctionnaire européen. La Commission européenne souhaite conclure les négociations avant la fin de l’année.
Cela entre également dans le cadre des efforts de l’UE pour se rapprocher de partenaires aux valeurs partagées en vue de s’approvisionner en matières premières et d'ouvrir de nouveaux marchés pour ses produits.
Ainsi, les dirigeants sud-africains et européens devraient également ouvrir les discussions pour un protocole d’accord (‘memorandum of understanding’) sur les matières premières critiques. Il s’agit du 14e partenariat de ce type que l’UE négocie avec des pays tiers, dans l’espoir d’assurer son approvisionnement en matières premières critiques et stratégiques.
Développement. Les discussions devraient également aborder les conséquences des coupes budgétaires américaines en matière d’aide internationale, qui affectent l’Afrique du Sud et d’autres pays africains. L’UE, principal bailleur d’aide au développement mondial, étudie comment pallier certaines conséquences de ces réductions.
Jeudi, Mme von der Leyen devrait dévoiler un nouveau paquet d'investissements via l'initiative 'Global Gateway', visant notamment à soutenir la production de vaccins et le renforcement des chaînes d’approvisionnement pharmaceutiques.
Ce paquet devrait également mobiliser des financements pour des infrastructures stratégiques, en particulier celles liées au corridor 'Nord-Sud', qui relie Lubumbashi, en République démocratique du Congo (RDC), aux ports sud-africains. Cet axe routier essentiel facilite l’acheminement des minerais congolais vers les marchés internationaux.
Stabilité régionale. Les discussions porteront, par ailleurs, sur la crise à l'est de la RDC (EUROPE 13586/6). La Commission entend approfondir avec Pretoria les moyens d’appuyer les processus de paix régionaux.
Une déclaration conjointe est attendue à l’issue des échanges. (Bernard Denuit et Léa Marchal)