Les députés du Parlement européen ont débattu, mardi 11 mars, de la situation humanitaire alarmante dans la bande de Gaza, près de 18 mois après l’attaque terroriste du Hamas et l’offensive militaire israélienne d'envergure qui a suivi.
À gauche de l'hémicycle, plusieurs eurodéputés ont critiqué fermement la réaction de l'Union européenne, exprimant leur lassitude et consternation.
« Session après session, nous constatons la situation horrifique à Gaza, mais ma question est : quand allons-nous faire quelque chose ? », a déclaré la Suédoise Evin Incir au nom des sociaux-démocrates. Et d'ajouter : « Le droit international n’est pas un menu où l’on choisit ce qui nous arrange ».
« Lorsque j’ai visité Rafah il y a un an, Israël bloquait déjà l’accès humanitaire. À l’époque, l’excuse invoquée était que les agences de l’ONU étaient désorganisées, peu fiables, ou que l’aide humanitaire pouvait être détournée à des fins militaires. Aujourd’hui, Israël a de nouveau coupé l’électricité et l’aide, mais cette fois, grâce au soutien des États-Unis et à l’inaction de l’Union européenne, il ne prend même plus la peine de donner des excuses », a déploré Barry Andrews (Renew Europe, irlandais).
« Que fait l’Europe ? Elle détourne le regard. Notre responsabilité est écrasante. L’histoire retiendra un mot : la lâcheté », a souligné Mounir Satouri (français) pour les Verts/ALE, critiquant la tenue du Conseil d’association UE-Israël le 24 février dernier (EUROPE 13586/4).
À droite de l'hémicycle, Michał Szczerba (PPE, polonais) a qualifié le « coût humanitaire » à Gaza « d'inacceptable ». « Nous reconnaissons le droit des États de se défendre, mais dans le même temps, l’Europe a un rôle essentiel à jouer pour promouvoir la stabilité », a-t-il déclaré.
Sebastiaan Stöteler (PfE, néerlandais), quant à lui, a appelé la Commission européenne à ramener les otages israéliens toujours détenus par le Hamas.
Bert-Jan Ruissen (CRE, néerlandais), pour sa part, a souligné l'importance d'exclure le Hamas de toute future gouvernance de Gaza et d'interdire sur le sol européen les organisations ayant des liens avérés avec ce groupe. Des garanties fermes de sécurité conjuguées à la libération immédiate des otages restants peuvent, selon l'eurodéputé conservateur, poser les bases d'une véritable sortie de crise.
Mercredi, un porte-parole du 'Service européen pour l'action extérieure', interrogé sur le blocage de l'aide vers l'enclave palestinienne, a qualifié la décision israélienne d'« incohérente avec la priorité absolue d'un maintien du cessez-le-feu ». « L'UE continuera à jouer son rôle pour améliorer l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza », a-t-il ajouté. (Bernard Denuit)