Les groupes politiques du Parlement européen ont relativement bien accueilli, mercredi 12 mars, les propositions de la Commission sur l’Union des compétences présentée le 5 mars (EUROPE 13593/18), lors d’un débat sur le sujet en plénière avec la vice-présidente exécutive chargée des Emplois de qualité, des droits sociaux et de la préparation, Roxana Mînzatu.
Si les élus ont jugé nécessaire de renforcer les compétences de base, notamment des jeunes enfants, mais aussi de retenir les chercheurs dans l’UE ou d’attirer de nouveaux talents du monde entier, certains d'entre eux ont toutefois déploré le manque d’initiatives contraignantes dans cette nouvelle ‘Union’.
La députée belge du S&D Estelle Ceulemans a ainsi plaidé pour un véritable droit à la formation garanti aux travailleurs et rémunéré. « Il faut garantir ce droit et pas seulement l’encourager », a-t-elle dit, redoutant que cette Union des compétences, sans engagements économiques et forts, « reste une coquille vide ». Il faut aussi « améliorer les conditions d’emploi ».
La présidente de la commission Emploi et Affaires sociales au PE, Li Andersson (La Gauche, finlandaise), a aussi été dans ce sens, demandant de nouvelles propositions pour garantir ce droit à la formation alors que les objectifs de l’UE pour la formation continue des adultes sont loin d’être atteints. Il faut également de nouvelles mesures incitatives dans les États membres pour financer les formations professionnelles.
Le groupe des Verts/ALE a également demandé une directive sur le droit à la formation.
Pour Dennis Radtke (PPE, allemand), si certains peuvent dire que cette initiative « n’est pas concrète », elle « reste vraiment nécessaire » et constitue un bon point de départ, l’élu soulignant notamment l’intérêt de l''EU talent pool', qui doit permettre d’attirer des personnes qualifiées du monde entier.
Au sein du groupe CRE, l’accent a toutefois été mis sur le fait de lutter contre la fuite des cerveaux et de créer les conditions dans l’UE pour garder les talents locaux. S’il faut défendre la mobilité, « il faut aussi défendre le droit à rester, à bâtir des compétences chez soi ainsi que le droit de rentrer chez soi », le groupe favorisant par exemple une politique fiscale permettant aux talents européens partis à l’étranger de revenir dans l’UE. (Solenn Paulic)