Les premières réactions des organisations européennes du secteur sont plutôt positives au sujet de la proposition du 11 mars sur les médicaments critiques, bien qu’elles demandent une harmonisation des politiques de stockage des médicaments (EUROPE 13597/18).
La Fédération européenne des associations et industries pharmaceutiques (EFPIA) estime ainsi que le règlement doit « aller plus loin » et « apporter une réponse efficace aux exigences nationales fragmentées en matière de stocks d’urgence qui perturbent la fonctionnalité du marché unique ».
Medicines for Europe (génériques et biosimilaires) appelle désormais les colégislateurs à « une plus grande solidarité de l’UE sur les réserves stratégiques de l’UE et les mandats de stockage nationaux ».
Les États membres de l’UE devront « présenter des programmes et les communiquer à la Commission et aux autres États membres » lorsqu’ils établiront « leurs propres règles » en la matière, a précisé le commissaire européen à la Santé, Olivér Várhelyi, devant les eurodéputés (EUROPE 13597/4).
Marchés publics collaboratifs. En outre, l’EFPIA salue les efforts visant à introduire des critères autres que le prix pour les marchés publics de médicaments essentiels (marchés publics collaboratifs pour améliorer la disponibilité des médicaments dans certaines circonstances). Cependant, une application systématique de ces marchés publics collaboratifs pourrait créer plus de dommages que de réponses aux problèmes liés à l'accès, selon cette association. Il convient, selon elle, « d'identifier clairement les circonstances dans lesquelles les options d'approvisionnement collaboratif permettraient d'améliorer l'accès au-delà des voies nationales existantes de fixation des prix et de remboursement ».
Pour Medicines for Europe, la publication d'une loi européenne sur les médicaments critiques « est une étape majeure pour l'accroissement de l'autonomie stratégique en Europe ». Cette organisation salue notamment « une véritable réforme des marchés publics en incluant des critères 'MEAT' (offre économiquement la plus avantageuse) et des appels d'offres multigagnants en tandem avec les réformes du marché national ».
EuropaBio soutient la reconnaissance de la biofabrication dans la loi sur les médicaments critiques comme une solution pour renforcer l'autonomie de l'UE et la sécurité de l'approvisionnement en médicaments. L’organisation est d’avis que les institutions européennes devraient « donner la priorité au soutien des nouvelles technologies et à l'accès aux matières premières, qui sont tout aussi essentiels que la capacité de fabrication ». (Lionel Changeur)