Les ministres de l’Industrie de l’UE ont débattu, mercredi 12 mars à Bruxelles, des mesures proposées par la Commission dans son 'Pacte industrie propre'. La philosophie de celui-ci semble partagée par tous. Le détail des mesures, dont certaines seront publiées plus tard cette année, ne sera débattu que dans les semaines et mois à venir. « Je mesure les attentes sur les prochaines initiatives. La Commission est prête à y répondre », a déclaré le vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la Stratégie industrielle, Stéphane Séjourné.
Il a parlé d'un sens de l'urgence, qui n'a pu qu'être accentué par l'annonce, mercredi 12 mars, de la faillite du géant des batteries Northvolt en Suède. L'entreprise n'a pas pu réunir les financements nécessaires à sa survie et laisse 5 000 salariés sur le carreau.
Northvolt a été confrontée à une série de défis cumulés, « notamment la hausse des coûts du capital, l'instabilité géopolitique, des perturbations dans la chaîne d'approvisionnement et les évolutions de la demande du marché », a expliqué la société.
L'occasion, pour Stéphane Séjourné, de rappeler la nécessité de soutenir le secteur de la batterie. « Il est primordial que les subventions européennes ainsi que les aides d'État puissent bénéficier à la production. J'ai poussé très fortement cette logique au collège. C'est une industrie jeune, elle n'a que cinq ans ; si nous voulons atteindre notre objectif de 40% de production de batteries européennes en 2030, il nous faut soutenir clairement cette industrie de la batterie », a-t-il insisté à l'issue du Conseil 'Compétitivité'.
Financer l'industrie. L'Espagne a porté un message similaire à Bruxelles, mercredi, avec la présentation d'un document soutenu par cinq autres pays sur le futur 'Fonds européen de compétitivité'. Le ministre espagnol de l'Industrie, Jordi Hereu, voit dans le prochain cadre financier pluriannuel une « opportunité unique » pour doter le fonds européen de compétitivité « de moyens suffisants pour relever les défis qui nous attendent ».
La Slovaquie, la Slovénie, le Portugal et la France se sont ralliés à cet appel pour une politique industrielle robuste. Si la Roumanie a appuyé la démarche, elle a toutefois mis en garde contre la répartition des financements entre États membres. Celle-ci ne doit pas être basée sur « un lobbying politique fait par les États membres. Nous devons être certains que tous les États membres auront accès à ce mécanisme de financement », a affirmé le ministre roumain de l'Économie, Ivan Bogdan-Gruia.
Voir le document espagnol : https://aeur.eu/f/fwt (Léa Marchal)