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Bulletin Quotidien Europe N° 13586
ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Gideon Saar « entend les inquiétudes » européennes sur Gaza, mais reste ferme sur ses conditions

Le Conseil d’association UE/Israël, premier du genre depuis octobre 2022, s'est déroulé en présence de Gideon Saar, ministre israélien des Affaires étrangères, et pas moins de 23 homologues européens. Un regroupement d’une rare envergure, justifié en grande partie par la situation à Gaza (EUROPE 13585/1).

C’est d’ailleurs ce sujet qui a ouvert le bal. Kaja Kallas, Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, a exposé la position commune de l’UE sur les relations avec l’État hébreu - une déclaration qui a vu le jour au bout de six semaines d'âpres négociations, selon un diplomate. 

La Haute Représentante a réitéré « le soutien inconditionnel de l'UE à Israël » à la suite des attaques du 7 octobre 2023, lors d’une conférence de presse. Elle a toutefois insisté sur la nécessité « pour toutes les parties [du conflit], y compris Israël, de respecter le droit international humanitaire ». 

La question du respect des droits de l'Homme par Israël continue de susciter l’indignation de quelques États membres et ONG, certains allant jusqu’à remettre en cause l’accord d’association (EUROPE 13584/19). À son arrivée au Conseil de l'UE, le matin même, José Manuel Albares Bueno, ministre espagnol des Affaires étrangères, avait exprimé sa volonté de mettre la pression sur Israël en menaçant de recourir à l’article 2 de l’accord, qui exige le respect des droits fondamentaux par les parties signataires. « Nous souhaitons toujours que l’accord soit revu », avait également confirmé Simon Harris, son homologue irlandais. 

Des préoccupations « entendues » par Gideon Saar, a assuré ce dernier lors de la même conférence, tout en rappelant que toutes les actions militaires menées par Israël servent uniquement un objectif d'« autodéfense ». Le ministre israélien a fermement lié tout arrêt de la guerre à « la libération de tous nos otages, vivants et morts ; la démilitarisation complète de la bande de Gaza et le retrait des forces armées du Hamas et du Jihad islamique de Gaza ».

En réponse à Kaja Kallas, qui a soulevé l'inquiétude des États membres sur la situation en Cisjordanie - où Israël a intensifié ses opérations militaires depuis plusieurs semaines - Gideon Saar a insisté sur les actes « terroristes » qui se multiplient « depuis ce que vous appelez la Cisjordanie et que nous appelons la Judée-Samarie ». « Nous aurions apprécié que l'Autorité palestinienne tienne ses engagements dans la lutte contre le terrorisme. Elle ne l'a jamais fait, [alors] nous devons protéger les nôtres et c'est ce que nous continuerons à faire », a-t-il asséné.  

Malgré certaines critiques, qu'il a déclaré accepter tant qu'elles ne relevaient pas de la « diabolisation ou du double standard », Gideon Saar s'est montré enclin à un renforcement des relations avec l'UE. « Israël est un atout pour l'Europe sur les plans stratégique, économique, technologique, énergétique et plus », a-t-il appuyé. L'État hébreu « contribue directement à la sécurité de l'Europe en matière de renseignement, de prévention du terrorisme et de coopération sécuritaire ». 

En outre, un dialogue à haut niveau avec le Premier ministre palestinien, Mohammad Mustafa, devrait avoir lieu en avril, selon la Haute Représentante.

Voir la déclaration de l'UE : https://aeur.eu/f/fmx  (Justine Manaud  - stagiaire)

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