Les ministres européens de l’Agriculture ont réservé, lundi 24 février à Bruxelles, un accueil plutôt chaleureux aux idées de la Commission européenne figurant dans sa ‘vision’ sur l’agriculture, notamment s’agissant de la réciprocité des normes de production et de la simplification des règles de la politique agricole commune (PAC).
Le commissaire à l'Agriculture, Christophe Hansen, a présenté la 'Vision pour l’agriculture et l’alimentation’ (EUROPE 13583/5).
La plupart des ministres qui sont intervenus ont salué cette initiative. Une discussion approfondie sur la 'vision' agricole de la Commission aura lieu lors du Conseil 'Agriculture' des 24 et 25 mars. Plusieurs délégations (Espagne, France Portugal, notamment) ont demandé que les propositions de cette vision soient examinées par le Comité spécial agriculture (CSA).
Budget. De nombreux ministres ont demandé de conserver un budget adéquat et séparé pour la PAC, durant le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE 2028-2034. La France a demandé un budget « dédié, doté de moyens à la hauteur des enjeux ». Ce pays a exigé aussi l'exclusion des deux piliers (aides directes et développement rural) de la PAC « de l'éventuel plan national unique » que la Commission pourrait proposer, pour conserver des budgets dédiés à cette politique.
Le ministre autrichien, Norbert Totschnig, a jugé « nécessaire d'accorder à la PAC, dans le futur cadre financier, la place importante qu'elle occupe actuellement ». L’Italie a réclamé le maintien de fonds adéquats, tandis que le Luxembourg a prôné un « budget autonome à la hauteur des défis ». La Hongrie a réclamé le maintien d’un budget indépendant pour la PAC.
Réciprocité des normes. La France, l’Autriche, l’Espagne, l’Italie, la Belgique, le Luxembourg, la Hongrie ou encore la République tchèque ont salué les idées de la Commission visant à aligner les normes des pays tiers en matière de commerce de produits agricoles sur celles de l’UE dans les domaines des pesticides et du bien-être animal. Le Luxembourg a souligné que ceci était important dans le contexte de l’accord UE/Mercosur.
La délégation française s'est félicitée des engagements à propos des 'mesures miroirs', « y compris via le renforcement des contrôles sur les produits importés, avec la création d'une 'task force' dédiée ».
Aides directes. La France a demandé des précisions sur ce que recouvrent des aides 'plus ciblées'. Le ciblage ne doit pas exclure totalement certains agriculteurs des paiements directs alors qu'ils en bénéficient aujourd'hui.
La Hongrie a demandé de maintenir les aides à la surface et les deux piliers de la PAC, tandis que la Slovaquie et la Lettonie, notamment, ont insisté sur la 'convergence externe' des aides. Ce mécanisme permet d'ajuster progressivement les aides au revenu par hectare dans chaque pays, soit à la hausse soit à la baisse, afin de les rapprocher de la moyenne de l'UE. (Lionel Changeur)