login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13586
Sommaire Publication complète Par article 11 / 29
INSTITUTIONNEL / Allemagne

Le futur chancelier Friedrich Merz annonce que sa « priorité absolue » sera de renforcer l’indépendance de l’Europe à l’égard des États-Unis

« Le monde extérieur ne nous attend pas. Il n'attend pas non plus des discussions de coalition interminables », a lancé Friedrich Merz dès l’annonce de la victoire de son parti, la CDU/CSU aux élections législatives allemandes dimanche. Emportant 28,5% des voix, le Parti chrétien-démocrate sait qu’il va devoir constituer une coalition fragile avec les sociaux-démocrates et, éventuellement, les Verts.

Les deux partis du gouvernement sortant ont essuyé l’un et l’autre une défaite cuisante avec respectivement 16,4% (SPD) et 11,6% des suffrages (Verts). Friedrich Merz a confirmé qu’il exclut tout gouvernement avec l’extrême droite allemande, l’AfD qui est devenue la deuxième force en Allemagne en remportant 20,8% des votes.

Un gouvernement dans deux mois ?

Au soir des élections, le futur chancelier a donc promis de se mettre au travail « dès demain » pour former un gouvernement avant Pâques, soit dans deux mois, même s’il sait que « ce ne sera pas facile ». Les pourparlers devraient commencer dès la formation des groupes parlementaires cette semaine, mais les négociations formelles auront lieu en mars. Le chancelier sortant, Olaf Scholz, a annoncé qu’il n’y participerait pas. C’est Lars Klingbeil, l’actuel chef du SPD et futur dirigeant du groupe parlementaire qui devrait être l’interlocuteur de Friedrich Merz pour former le futur gouvernement.

L’AfD en embuscade

Dans tous les cas, la majorité sera très fragile face à une AfD qui poursuit son ascension. « Nous avons doublé notre score depuis les dernières élections. C’est un résultat grandiose », a souligné sa présidente, Alice Weidel, devant des troupes enthousiastes, dimanche soir. Elle a répété durant la soirée que sa « main est tendue » à la CDU/CSU pour former un gouvernement « conservateur ».

Il est toutefois clair que le « cordon sanitaire » installé par la CDU/CSU pour éviter l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite ne sautera pas. L’AfD compte désormais sur la fragilité de la future coalition pour imposer ses vues. « Nous ne devrons pas attendre longtemps avant de nouvelles élections », a prophétisé Alice Weidel.

Divergence sur l’immigration

Les désaccords de fond entre les alliés potentiels de gouvernement rendront l’adoption d’un contrat de gouvernement d’autant plus difficile. Si la CDU/CSU, le SPD ou les Verts partagent une volonté de continuer à soutenir l’Ukraine, leurs positions divergent, par exemple, sur la nécessité d’instaurer un service militaire obligatoire pour le faire.

Tout les sépare sur la question migratoire et la fermeture des frontières, alors que l’AfD a réussi à mettre ce sujet au cœur de la campagne allemande. Les négociations s’annoncent également ardues sur le terrain économique, quelques mois après que le débat sur la remise en cause du « frein à la dette » a fait exploser la précédente coalition dirigée par Olaf Scholz.

« La formation rapide d'un gouvernement peut envoyer un signal fort de relance à l'économie et à la société », a espéré dimanche soir le président de la fédération des industriels allemands, la BDI, Peter Leibinger, en souhaitant un « programme de relance audacieux ». Alors que l’Allemagne est entrée dans sa troisième année de récession et que près de 3 millions de personnes sont au chômage, l’économie est pourtant restée au second plan durant toute la campagne. Les industriels allemands appellent également le futur gouvernement à parler « d’une voix forte en Europe ». « L'Allemagne dépend de l'unité européenne, de la puissance économique commune et d'une UE compétitive », écrit Peter Leibinger.

Indépendance vis-à-vis des États-Unis

Au moment où le président américain, Donald Trump, saluait la victoire de l’AfD, sur le réseau X, Friedrich Merz confirmait son intention de travailler à renforcer l’Europe. Celui qui a longtemps été un pilier central du dialogue avec les États-Unis - il a présidé pendant dix ans l’association Atlantik-Brücke pont atlantique ») constituée en 1952 - a constaté dimanche soir que désormais « les interventions de Washington ne sont pas moins scandaleuses que celles que nous avons vues de Moscou ».

Sa « priorité absolue » sera donc de « renforcer l'Europe de manière à ce que nous puissions réellement parvenir, étape par étape, à notre indépendance vis-à-vis des États-Unis », a-t-il expliqué dimanche. Il a reçu immédiatement le soutien du président français, Emmanuel Macron, notamment, affirmant qu’ils sont tous deux plus que jamais déterminés à œuvrer pour une Europe forte et souveraine. (Nathalie Steiwer)

Sommaire

Invasion Russe de l'Ukraine
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
BRÈVES
Kiosque