Plusieurs ministres de l’Agriculture des pays de l’Union européenne ont évoqué, lundi 24 février, les effets des importations en Europe de produits agricoles en provenance d’Ukraine et ont souligné la nécessité de faire preuve de prudence en ce qui concerne les droits à l’importation sur les engrais en provenance de Russie et de Biélorussie.
Les ministres de l’Agriculture des pays de l’UE ont fait le point sur la situation des marchés agricoles.
Ukraine. Le règlement actuel, qui expire le 5 juin 2025, prolonge la suspension des droits à l'importation et des contingents sur les exportations ukrainiennes vers l'UE.
La Commission doit présenter une révision de l’accord de libre-échange UE/Ukraine. En dernier ressort, elle pourrait reconduire les mesures commerciales autonomes de l’UE.
Les ministres de quatre pays de l’UE (Hongrie, Slovaquie, Bulgarie, Roumanie) ont écrit une lettre à la Commission demandant des mesures pour éviter de déstabiliser le marché européen, en revenant à la situation d'avant la guerre.
Engrais. Plusieurs délégations ont souligné la nécessité de faire preuve de prudence en ce qui concerne les droits à l’importation sur les engrais en provenance de Russie et de Biélorussie (droits proposés par la Commission européenne: EUROPE 13581/6). La France aurait demandé une étude d’impact, tandis que l’Italie a estimé que ces sanctions risquaient de faire plus de mal que de bien pour le marché européen des engrais. Environ 15 pays de l’UE auraient évoqué les prix encore élevés des engrais dans l’UE.
Le commissaire européen à l'Agriculture, Christophe Hansen, a précisé que la hausse des droits de douane proposée était progressive. Il a évoqué les efforts en cours pour diversifier les sources d'approvisionnement, se tourner vers d'autres producteurs de pays tiers et stimuler la production européenne d'engrais.
Les pays producteurs de vins ont invité la Commission à faire des propositions pour aider ce secteur en difficulté. Une dizaine de ministres ont évoqué les effets des maladies animales et trois d’entre eux ont prôné une stratégie vaccinale. Enfin, de nombreux ministres ont rappelé les conséquences négatives des mauvaises conditions climatiques sur le secteur agricole. (Lionel Changeur)