L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a confirmé devant les eurodéputés, jeudi 3 octobre, que les plantes issues des nouvelles techniques génomiques (NTG) de catégorie 1 ne présentent pas de risques supplémentaires par rapport à celles issues de la sélection conventionnelle.
L’EFSA a adopté, le 11 juillet, un avis qui atténue les critiques émises fin janvier 2024 par l'Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) sur les risques potentiels des nouveaux OGM pour la santé humaine et l'environnement (EUROPE 13452/2).
Des députés partagés. Jessica Polfjärd (PPE, suédoise), rapporteur, a regretté les retards dans l’adoption de la législation et a vanté les mérites des NTG (EUROPE 13398/21).
Günther Sidl (S&D, allemand) a rappelé les critiques de l’ANSES sur les critères de modification scientifique, ayant pour effet que « 94% des plantes NTG risquent de se retrouver dans la catégorie 1, ce qui revient à donner un blanc-seing à ces techniques ».
Jeannette Baljeu (Renew Europe, néerlandaise) a salué l’avis de l’EFSA. Pietro Fiocchi (CRE, italien) a salué les avantages des NTG et a demandé d’aller de l’avant.
Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) a parlé de « négligences », sachant que la majorité des plantes NTG seront mises sur le marché « sans évaluation des risques ni étiquetage : c’est inacceptable ».
En réponse aux interrogations des députés sur les modifications non intentionnelles, la représentante de l’EFSA a expliqué que les modifications étaient ciblées. « Du point de vue technologique, nous sommes en mesure de localiser les insertions de gènes et de cibler la partie spécifique du génome. Donc, le risque d’avoir des modifications hors cible est plus faible », a précisé l’EFSA. En outre, sur la question des nouveaux risques ou dangers issus des NTG, l’EFSA est persuadée que « ce risque n'existe pas », car même dans les méthodes de sélection traditionnelles (pas de génomes introduits), on peut avoir les mêmes modifications.
La représentante de la Commission européenne a défendu sa proposition initiale, qui prévoit deux catégories de NTG, sans se prononcer sur les amendements du PE, tandis que le Conseil de l’UE n’a toujours pas adopté de position sur ce dossier sensible de l’encadrement de l’utilisation des NTG (EUROPE 13472/6). (Lionel Changeur)