La Commission européenne et les Nations Unies ont dressé un état des lieux des négociations en amont de la COP16 sur la biodiversité, qui se tiendra à Cali, en Colombie, du 21 octobre au 1er novembre prochain.
Les parties se retrouveront pour la première fois depuis l'adoption du cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal, lors de la COP15, en décembre 2022. À Cali, elles discuteront des progrès réalisés dans sa mise en œuvre, notamment des objectifs nationaux en matière de biodiversité. La commission sur l'environnement du Parlement européen y sera représentée par une délégation de six membres.
Les priorités de la COP16 seront l’adoption et la finalisation d’un plan pour suivre la mise en œuvre du cadre mondial Kunming-Montréal, mais aussi la mobilisation de ressources financières pour parvenir à sa réalisation.
Pour aller plus loin, la Commission européenne, qui s'est félicitée de l'adoption formelle du règlement sur la restauration de la nature, en juillet (EUROPE 13433/2), recommande de travailler davantage sur les liens entre le climat et la biodiversité. Elle invite à intégrer la biodiversité à tous les secteurs de la société et de l'économie.
La Commission a assuré qu'elle se préparait, avec la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Banque centrale européenne (BCE), à fournir des informations aux entreprises sur les risques économiques liés à la perte de la biodiversité et sur ce qui représente un investissement durable. À cet égard, le concept de crédits biodiversité, récemment introduit par Ursula von der Leyen (EUROPE 13482/14), doit permettre « de contribuer à des projets positifs pour la nature ».
César Luena (S&D, espagnol) a ouvert le bal des critiques, demandant à la Commission de « mettre un terme aux belles paroles ». Au lendemain de la demande de la Commission de reporter d'un an l'application du règlement sur la déforestation importée (EUROPE 13495/1), et une semaine après celle du Conseil de réduire le statut de protection du loup (EUROPE 13491/8), les eurodéputés se sont demandé si la biodiversité était encore une priorité pour l'UE. Comment l'UE peut-elle encore « faire du prêchi-prêcha au reste du monde ? », s'est exclamé Pär Holmgren (Verts/ALE, suédois). Les crédits nature, eux, ne seraient qu'un « régime d'écoblanchiment », selon Carola Rackete (La Gauche, allemande).
La Commission européenne pourrait ne pas être représentée « au niveau politique » à Cali, à cause de la constitution du collège des commissaires. (Florent Servia)