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Bulletin Quotidien Europe N° 13496
POLITIQUES SECTORIELLES / Environnement

La Commission européenne et les Nations Unies œuvrent à un traité international sur le plastique «ambitieux» qui ne se limite pas à la gestion des déchets

Un échange de vues sur les progrès faits sur le Traité international sur les plastiques s’est tenu au Parlement européen, jeudi 3 octobre, lors de la réunion de la commission de l’environnement (EUROPE 13190/14). La résolution de développer un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique avait été adoptée en février 2022. 

La Commission européenne et les Nations Unies étaient représentées pour exposer aux eurodéputés les avancées réalisées dans les négociations. L'objectif est d'obtenir un accord lors de la cinquième session du Comité de négociation intergouvernemental (CNI), prévue du 25 novembre au 1er décembre 2024 à Busan, en Corée du Sud. 

« Plus de 500 millions de tonnes de plastique seront produites cette année et risquent fortement de se retrouver dans l’environnement », a prévenu Laura Anès, des Nations Unies. Rappelant que ce traité n'est pas contre le plastique, cette dernière a précisé qu’il faudrait privilégier une action globale sur tout son cycle de vie, plutôt que de considérer le recyclage « comme une panacée ».

Les négociations sont difficiles mais l'UE reste déterminée à parvenir à un accord, a estimé la Commission, qui affirme soutenir un texte ambitieux. La Commission a égrené les initiatives sur le plastique déjà prises au niveau européen (la directive sur les plastiques à usage unique, le règlement sur les déchets plastiques, le règlement sur le transport de déchets) afin de présenter l'UE comme un partenaire crédible. 

Des inquiétudes subsistent chez certaines parties prenantes. Elles se divisent en trois catégories, selon la Commission : les économies émergentes (l'Inde, le Brésil) soutiennent en principe l'ambition d'un traité sur tout le cycle de vie du plastique, mais redoutent des règles harmonisées au niveau mondial ; les producteurs de polymères (Chine), qui sont aussi des exportateurs majeurs de produits manufacturés, craignent l'impact que pourraient avoir des restrictions sur leur industrie transformatrice ; enfin, ceux qui s'inquiètent de la réduction de la production de polymères, car ils recherchent des alternatives aux énergies fossiles utilisées pour leur économie (l'Arabie Saoudite, l'Iran, la Russie). Ces pays préfèrent que le traité se concentre sur la gestion des déchets.

Les eurodéputés ont encouragé la Commission à faire preuve d'ambition. Il faut « montrer la voie » (Sara Matthieu, Verts/ALE, belge) et « jouer un rôle de premier plan » (Rasmus Nordqvist, Verts/ALE, danois). Mme Matthieu en a profité pour rappeler que « la production de plastique devrait tripler d'ici à 2050 » et que « la plupart des plastiques sont à usage unique ». (Florent Servia)

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