Arrivée au terme de son mandat de six ans au poste de Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović a présenté son dernier rapport annuel, lundi 21 janvier à Strasbourg, devant l’assemblée parlementaire réunie en plénière d’hiver.
Entre janvier 2018 (date de son élection) et janvier 2024, « l’État de droit et les droits de l’homme ont été mis à rude épreuve », a-t-elle souligné, ajoutant que, « pour regagner le terrain perdu et faire avancer la cause des droits humains, nous devons faire face à la situation avec détermination et un effort collectif ».
Au rang des « énormes » défis, elle a cité: - la désinformation et la surveillance déjà « importantes » au début de son mandat, mais amplifiées par l’évolution rapide des technologies numériques; - l’impact sur l’État de droit des mesures d’urgences liées à la pandémie de Covid-19; - la connexion toujours plus nette avec les droits humains de questions telles que le changement climatique, la justice sociale et l’inégalité économique.
Dans son rapport 2023, la Commissaire met particulièrement l’accent sur la situation des droits humains dans les zones de conflit que sont l’Ukraine, où elle s’est une nouvelle fois rendue en mars, et le Haut-Karabakh, qu’elle a visité en octobre (EUROPE 13263/4).
Elle a réitéré son appel à « un soutien international durable » aux organisations de la société civile et aux initiatives individuelles ukrainiennes et russes qui facilitent le retour des enfants ukrainiens. Elle a insisté aussi sur le sort des Tatars de Crimée.
En ce qui concerne le Haut-Karabakh, la Commissaire a exhorté les autorités azerbaïdjanaises et arméniennes à « mettre l’accent sur la protection des droits humains dans leurs pourparlers de paix ».
Dans un « paysage des droits humains de plus en plus complexe et exigeant », Mme Mijatović veut voir des « sources d’espoir ». À savoir le Sommet de Reykjavik où les chefs d’État ou de gouvernement des États membres du Conseil de l’Europe ont réaffirmé leur attachement aux valeurs de l’Organisation, la réponse collective à la guerre en Ukraine et l’engagement des ONG, journalistes, défenseurs des droits, institutions nationales et militants à se battre pour les droits humains (EUROPE 13184/2).
Lien vers le rapport : https://aeur.eu/f/aj0 (Véronique Leblanc)