La Commission européenne présente, mercredi 24 janvier, plusieurs initiatives sur la sécurité économique de l'UE. Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, a profité de sa rencontre avec les ministres du Commerce des Vingt-sept, mardi 23 janvier, pour les informer sur les différentes propositions. « L'UE doit améliorer sa capacité à opérer dans des situations géopolitiques conflictuelles », a-t-il insisté. Pour ce faire, les Vingt-sept doivent parler d'une même voix sur les sujets de sécurité économique, si l'Union veut jouer un rôle plus fort sur la scène internationale, selon lui.
Une coopération renforcée à l'échelle communautaire, comme sur le filtrage des investissements directs étrangers, paraît évidente pour certains pays de l'UE, comme l'Espagne ou les Pays-Bas. « Nous espérons que les pays qui n'ont pas encore mis en œuvre ce type de filtrage le feront et que le flux d'informations entre les États membres sera également amélioré », a plaidé Xiana Méndez Bertolo, secrétaire d'État espagnole au Commerce.
La Commission doit proposer, le 24 janvier, de rendre le mécanisme de filtrage des investissements étrangers obligatoire pour tous les États membres, d'après nos informations. Le règlement actuel qui encadre le filtrage des investissements au niveau de l'UE n'impose pas de mécanisme et seuls 22 pays en ont actuellement un en place. Le règlement révisé devrait également proposer de nouvelles règles en matière de partage d'informations entre les pays membres, ce afin de combler les lacunes identifiées ces trois dernières années (EUROPE 13308/23).
Un tel cadre uniformisé n'est pas souhaitable pour la Hongrie, par exemple, qui estime que le filtrage des investissements est un sujet purement politique. « Nous voyons beaucoup d'hostilité envers les investissements chinois, bien qu'ils ne soient pas fondés, et j'ai le sentiment qu'ils sont parfois utilisés comme un instrument par les États membres qui ne sont pas assez compétitifs », a déclaré Péter Szijjártó, ministre hongrois des Affaires étrangères et du Commerce.
Ce constat est toutefois relativement isolé concernant les investissements étrangers et, ces derniers mois, les Vingt-sept s'inquiétaient plutôt de l'idée de contrôler les investissements sortants.
Ainsi, la Commission européenne ne prévoit pas de proposer de règles en la matière avant au moins un an, d'après nos informations. Elle devrait plutôt préconiser que les États membres surveillent et analysent les risques que pourraient poser les investissements sortants dans des secteurs critiques avant d'établir une méthodologie commune d'analyse des risques dans un deuxième temps seulement.
Cette approche est préférable, pour le Président de la commission du commerce international (INTA) au Parlement européen, Bernd Lange (S&D, allemand) : « Je salue l'approche prudente, sans proposition législative précipitée », a-t-il déclaré.
Le contrôle des exportations de biens à double usage devrait, lui aussi, ne faire l'objet que de recommandations, mercredi 24 janvier. La Commission entendrait toutefois proposer dans les prochains mois un contrôle uniforme dans l'UE sur de nouveaux produits considérés comme risqués. (Léa Marchal)