La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exhorté les autorités bosniennes, mardi 23 janvier à Sarajevo, à aller « le plus loin possible », d'ici au Conseil européen de mars, dans la mise en place des réformes requises par l'Union européenne, qui sont la condition pour l'ouverture officielle des négociations d'adhésion de la Bosnie-Herzégovine à l'UE (EUROPE 13314/1).
La Bosnie-Herzégovine démontre qu'« elle obtient des résultats lorsqu'elle est unie » et qu'elle est engagée sur la voie tracée pour entreprendre les négociations d'adhésion à l'UE, a estimé Mme von der Leyen, louant les réformes passées en matière d'« indépendance de la justice » et son « alignement total sur la politique étrangère de l'UE ». « Plus vous obtiendrez des résultats, plus vous serez convaincants et plus vous m'aiderez à préparer le rapport » de la Commission européenne au Conseil européen, a-t-elle ajouté, tout en admettant que certaines parmi les 14 initiatives prioritaires identifiées ne devaient pas forcément être finalisées.
Pour Mme von der Leyen, « l'objectif commun » est clair : c'est une Bosnie-Herzégovine « unifiée, unie et souveraine » qui doit adhérer à l'UE. À ce titre, elle a demandé aux autorités du pays de ne laisser rien ni personne les faire dévier de cette trajectoire, en référence notamment à la tentation séparatiste de dirigeants de l'entité serbe (EUROPE 13324/14).
Accompagnant Mme von der Leyen, le Premier ministre croate, Andrej Plenković, a invité les autorités du pays à tirer profit de cette « fenêtre étroite », ouverte jusqu'à fin mars, pour remplir les conditions fixées. Après, il pourrait être trop tard, puisqu'une période électorale va s'ouvrir dans l'UE.
Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, dont le pays est frileux concernant l'ouverture des négociations d'adhésion à l'UE avec la Bosnie-Herzégovine, a rappelé que le processus d'élargissement est fondé sur le mérite de chaque pays candidat. « Il reste encore beaucoup de travail à accomplir avant que la Bosnie-Herzégovine n'atteigne le degré nécessaire de conformité avec les critères d'adhésion » et « il ne peut y avoir de raccourci », a-t-il prévenu, notant toutefois la « volonté » politique à Sarajevo d'y parvenir. Il n'a pas nié la difficulté de gouverner un pays durablement affecté par l'histoire.
Les trois participants ont souligné que la Bosnie-Herzégovine n'était pas seule dans cette aventure et que l'UE et ses États membres étaient prêts à fournir une aide.
Borjana Krišto, présidente du Conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine, a remercié les trois dirigeants pour leurs encouragements. Parmi les réformes effectuées par son pays, elle a cité l'ancrage de l'État de droit, la réforme du système judiciaire, le respect des droits de l'homme, la lutte contre la corruption. Sur treize propositions législatives, six ont été adoptées par le Parlement et nous travaillons actuellement sur des questions telles que « le contrôle des frontières, la lutte contre les conflits d'intérêts et le Conseil de la magistrature », a-t-elle ajouté.
La dirigeante bosnienne s'est dite confiante, malgré les difficultés, d'une issue positive pour son pays au Conseil européen de mars.
Plan de relance. Mme von der Leyen a évoqué le plan de croissance destiné aux pays des Balkans occidentaux qu'avait dévoilé la Commission à l'automne 2023 (EUROPE 13272/16). Il s'agit d'une « immense opportunité » de stimuler la croissance économique en Bosnie-Herzégovine à travers son intégration plus rapide dans le marché unique de l'UE dans sept domaines d'activités clés, a-t-elle souligné, notant au passage qu'aucun pays des Balkans occidentaux ne sera en mesure de bloquer les autres au cours de la mise en œuvre. (Mathieu Bion)