Les ministres du Commerce des pays de l'Union européenne ont fait part, mardi 23 janvier, de leurs priorités pour la 13e conférence ministérielle (MC13) de l'Organisation mondiale du commerce, qui se tiendra à Abou Dhabi fin février. L'objectif premier est d'avancer sur la réforme de l'organisation, ce sur quoi l'UE avait déjà insisté lors de la précédente réunion ministérielle à Genève, en juin 2022. Plus largement, la ministre belge du Commerce extérieur, Hadja Lahbib, a souligné l'importance de bien préparer la MC13, à un moment où « le multilatéralisme est mis sous pression, voire remis en cause ».
Réformer l'OMC, notamment son système de règlement des différends, est essentiel pour légitimer l'institution en premier lieu, a rappelé le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis. Pourtant, un tel résultat n'est pas encore à portée de main. Bien que des travaux significatifs aient été menés sur la réforme de l'organisation, avec des propositions écrites de plusieurs membres, la ligne d'arrivée est encore loin. « Cela prendra du temps », a indiqué la directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, lundi 22 janvier, à l'occasion d'un dialogue avec la société civile aux côtés de Valdis Dombrovskis. Pour elle, une « importante contribution » serait déjà d'avoir du mouvement dans une direction positive et des solutions trouvées sur certaines parties du sujet.
Interrogé par EUROPE, le commissaire européen au Commerce a rappelé que l'UE « n'est pas le seul acteur » et que l'ensemble des 164 membres doivent tomber d'accord sur la réforme de l'OMC.
Ce schéma vaut également pour le moratoire sur le commerce électronique, que l'UE voudrait voir renouveler, mais qui ne fait pas l'unanimité. Celui-ci supprime tous les droits de douane sur les transmissions électroniques et son renouvellement doit faire l'objet d'une décision cette année.
« La MC13 devrait plutôt être l'occasion pour les membres de présenter l'état de leurs travaux. Davantage de travail sera encore nécessaire », a indiqué Mme Okonjo-Iweala, qui n'imagine pas de décision avant fin 2024.
Pour Valdis Dombrovskis, il est clair que le non-renouvellement du moratoire serait un retour en arrière.
Les ministres du Commerce de l'UE ont également insisté sur deux autres sujets qui leur paraissent cruciaux pour la MC13 : la deuxième partie de l'accord sur les subventions à la pêche (EUROPE 13203/22) et le lancement d'un programme de travail sur les subventions industrielles. (Léa Marchal)