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Bulletin Quotidien Europe N° 13334
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SOCIAL - EMPLOI / Social/emploi

Plusieurs eurodéputés appellent la Présidence belge du Conseil de l'UE à défendre le point de vue du PE sur les travailleurs des plateformes numériques

Plusieurs députés de la commission 'Emploi et Affaires sociales' du Parlement européen ont appelé, mardi 23 janvier, le vice-premier ministre belge chargé de l’Économie, Pierre-Yves Dermagne, à préserver l’accord trouvé avec le PE dans la nuit du 12 au 13 décembre sur les travailleurs des plateformes numériques et à prendre en compte « les lignes rouges du PE », comme l’a dit le député allemand du PPE, Dennis Radtke.

Le ministre belge a en effet exposé les priorités de la Présidence belge du Conseil de l’UE dans le domaine de l’emploi et a été appelé notamment par l’élu allemand à ne pas accepter « la dérogation générale demandée par la France, qui est une ligne rouge absolue pour le PE » et « ne sera pas acceptée », l’élu allemand faisant référence à une clause correspondant aux accords collectifs passés en France dans le secteur de l’économie des plateformes.

L’élu du PPE a été rejoint par la socialiste néerlandaise Agnes Jongerius (S&D) et la Belge Sara Matthieu (Verts/ALE), qui ont appelé le vice-premier ministre à améliorer les droits « de ces travailleurs qui se trouvent dans une zone grise », selon la Néerlandaise.

Cette « clause française » est « inacceptable », a-t-elle ajouté, plaçant dans les mains du vice-premier ministre l’espoir « de 28 millions de travailleurs » de cette économie des plateformes.

Leïla Chaibi (La Gauche, française), pour sa part, s'est dite « assez étonnée, voire même stupéfaite » de la « proposition que vous venez de mettre sur la table, nous comptions sur vous pour être un allié des travailleurs », mais avec ce dernier texte, « aucun travailleur » ne pourra être reclassifié en salarié.

La Présidence belge du Conseil de l’UE a bel et bien l’ambition de boucler cette directive sur les travailleurs des plateformes dans « les prochaines semaines », a assuré le ministre belge, estimant que ce secteur est vecteur d’emplois et également un atout pour les consommateurs.

Si cette directive représente « une opportunité historique » d’améliorer les droits de ces travailleurs et de réglementer pour la première fois la gestion algorithmique du travail, la Présidence belge n’a pas non plus l’intention de « perturber » le modèle des plateformes.

« On est conscient de la difficulté de ce dossier et des positions encore éloignées entre le Conseil et le PE ; on négocie un nouveau mandat pour relancer les trilogues », a répondu le ministre, disant entendre la position du PE. « On fera tout pour concilier les points de vue ».

Parmi les autres priorités, le vice-premier ministre a aussi insisté sur la mobilité juste des travailleurs dans l’UE et l’évaluation en cours du mandat de l’Autorité européenne du travail. Une conférence y sera consacrée le 25 janvier.

Le ministre veut aussi faire avancer l’Europe sociale et le socle des droits sociaux, et plusieurs événements y seront dédiés, comme le prochain Sommet des partenaires sociaux européens de Val Duchesse ou la réunion de La Hulpe, en avril, qui aboutira à une nouvelle déclaration sur l’avenir de l’Europe sociale et un nouvel agenda.

Le responsable belge a aussi promis de travailler à associer durablement les filières 'Écofin' et EPSCO pour renforcer la dimension sociale de la gouvernance économique et, cela, au-delà du Conseil Jumbo ÉCOFIN/EPSCO prévu en mars, a-t-il précisé.

Répondant à une question de Dominique Bilde (ID, française) sur le dumping social que pourrait engendrer l'arrivée de travailleurs des pays actuellement candidats à l'élargissement, Pierre-Yves Dermagne a expliqué notamment que la révision et le renforcement du mandat de l’ELA seraient justement un « instrument essentiel pour lutter contre le dumping social ». 

L’élu de La Gauche Nikolaj Villumsen (danois), de son côté, a aussi appelé la Présidence à œuvrer à une révision de la directive sur les marchés publics pour éviter le dumping social et y renforcer les critères sociaux.

Le vice-premier ministre est allé dans son sens, jugeant essentiel, là encore, de discuter de cet outil qui doit permettre aussi à l’UE de défendre ses standards sociaux.

Le sujet sera justement à l’agenda d’un Conseil informel 'Compétitivité', le 9 février à Genk, a-t-il indiqué. (Solenn Paulic)

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